À Grenoble, la campagne des municipales s’invite jusque dans les tribunes du Stade des Alpes.
Dimanche 8 février, le Red Kaos 1994, principal groupe d’ultras du Grenoble Foot 38, a publié un communiqué dans lequel il réaffirme son opposition "totale" à l’extrême droite et cible directement Valentin Gabriac, candidat du Rassemblement national aux élections municipales de mars.
Dans ce texte, les ultras rappellent d’abord leur positionnement historique. Le Red Kaos revendique des valeurs "d’ouverture, de partage et de bienveillance", estimant que le football et le stade doivent rester des espaces reflétant la diversité sociale, culturelle et générationnelle de la société grenobloise. Des principes qu’ils jugent aujourd’hui incompatibles avec l’idéologie portée par le RN, qualifié d’"ennemi" du groupe.
Le communiqué revient ensuite sur le parcours de Valentin Gabriac. Le Red Kaos confirme que le candidat RN a longtemps fréquenté ses rangs, avant de s’en éloigner "il y a plusieurs mois", lorsque son engagement politique est devenu, selon eux, impossible à dissimuler. Une rupture vécue comme une trahison par certains membres du groupe, même si les ultras expliquent avoir longtemps toléré ses opinions personnelles tant qu’elles n’étaient pas publiquement revendiquées au sein du collectif.
Les supporters avancent plusieurs éléments pour expliquer cette situation. Ils estiment notamment que Valentin Gabriac se présentait comme opposé aux positions politiques de son frère, décrit comme au "profil sulfureux", et qu’il affirmait son attachement aux valeurs du groupe. Son engagement au RN est aujourd’hui analysé par le Red Kaos comme une démarche "ambitieuse et calculatrice".
Enfin, le communiqué exprime une inquiétude plus large sur les conséquences politiques d’une éventuelle arrivée du RN aux responsabilités, notamment en matière de libertés publiques et de traitement des groupes de supporters. Le Red Kaos affirme ne se faire "aucune illusion" sur la politique sécuritaire qui pourrait être menée à l’encontre des ultras.