L’opposition métropolitaine veut placer les finances au cœur du prochain conseil de Grenoble Alpes Métropole, programmé vendredi 25 septembre.
Dans un dossier intitulé La Métropole en faillite, le groupe Réconcilier Grenoble, présidé par Thierry Aldeguer, attaque frontalement la trajectoire budgétaire de l’institution dirigée depuis avril par Guillaume Lissy, élu président de la Métropole le 30 avril dernier au bout du suspense.
Une épargne nette négative dès 2027 selon l’opposition
Réconcilier Grenoble s’appuie notamment sur une projection budgétaire métropolitaine.
Selon cette prospective, l’épargne nette passerait de 9 millions d’euros en 2026 à -2,2 millions en 2027, puis continuerait de se dégrader jusqu’à -13,1 millions en 2030. Le stock de dette atteindrait alors 902,4 millions d’euros, contre 691,3 millions annoncés pour 2025.
Le groupe estime donc que la majorité "repousse" les difficultés plutôt qu’elle ne corrige la trajectoire.
La présentation officielle de son budget 2026 est sensiblement différente : Grenoble Alpes Métropole indique disposer d’un budget total de 820,6 millions d’euros, dont 322 millions d’investissement, et affirme que sa dette "reste maîtrisée", avec un désendettement de 4,75 millions d’euros en 2026 sur l’ensemble de ses budgets.
Plus de 10 millions d’euros d’investissements reportés
L’opposition concentre ses critiques sur le budget supplémentaire 2026. Elle affirme que 10,69 millions d’euros de dépenses d’investissement précédemment votées seraient retirées cette année.
Réconcilier Grenoble refuse de considérer ces sommes comme de véritables économies puisqu’une partie des projets serait simplement reportée. Le groupe cite notamment GrandAlpe, avec 3,6 millions d’euros en moins, ainsi que la Polarité Nord-Ouest et des crédits consacrés à la qualité de l’air et aux transitions énergétiques.
Le nouveau siège métropolitain encore attaqué
Autre cible : le chantier du nouveau siège de Grenoble Alpes Métropole.
L’opposition affirme que son coût, initialement annoncé à 47 millions d’euros, atteint désormais 110 millions d’euros, et indique que de nouveaux avenants représentant 1,5 million d’euros supplémentaires doivent être soumis aux élus.
La Métropole présente pour sa part ce chantier comme une rénovation et une extension destinées à regrouper des agents actuellement dispersés sur plusieurs sites. Elle annonce une livraison fin 2027 et indiquait en juin que le chantier progressait conformément au calendrier. Grenoble Alpes Métropole
Contrats, intérim, communication : 4,8 millions d’économies proposées
Réconcilier Grenoble ne se contente pas de critiquer. Le groupe chiffre à 5,2 millions d’euros ses premières propositions, dont 4,8 millions d’économies et 400 000 euros de recettes nouvelles.
La principale enveloppe, évaluée à 3,7 millions d’euros, concernerait la masse salariale, l’absentéisme et l’intérim. L’opposition propose notamment d’auditer les contrats dits de "besoins de service", de ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux dans certaines fonctions support et de renégocier le marché d’intérim de la collecte des déchets.
Elle veut également économiser 795 000 euros sur la communication, les études et les frais de représentation, dont 125 000 euros en arrêtant la campagne "Les Métrovengers". Pour générer de nouvelles recettes, le groupe propose de commercialiser le nom du Stade des Alpes grâce à un contrat de naming, qu’il évalue à 400 000 euros.
SOS Méditerranée et plusieurs subventions dans le viseur
L’opposition souhaite aussi supprimer ou réduire plusieurs subventions.
Elle vise notamment 223 650 euros consacrés à un appel à projets de solidarité internationale autour de l’eau et de l’assainissement, 20 000 euros pour SOS Méditerranée et 6 400 euros pour la Criirad. Réconcilier Grenoble juge que la collectivité doit privilégier les besoins locaux.
D’autres financements récurrents sont remis en cause : Inter Aide, Humacoop et Action Tank Entreprise et Pauvreté. Pour France Nature Environnement Isère, le groupe ne réclame pas une suppression mais un retour de la subvention à son niveau de 2023, ce qui permettrait selon ses calculs d’économiser 20 160 euros.
Réconcilier Grenoble prévient enfin que ces 5,2 millions d’euros ne constitueraient qu’une première étape et annonce vouloir poursuivre ce travail pour le budget 2027. Le groupe évoque notamment à terme la contribution au SMMAG et certains projets d’aménagement.