Coup dur pour l’avenir industriel de Pont-de-Claix.
Dans un communiqué publié ce mardi 9 juin, Grenoble Alpes Métropole réagit à l’abandon du projet Exalia, qui visait à reprendre une partie des activités de la plateforme chimique de Vencorex et à engager sa transformation vers une chimie plus verte. La collectivité évoque une "profonde déception" et parle d’un revers majeur pour l’industrie locale.
Le projet Exalia, incarné par Séverine Dejoux et Olivier Six, deux anciens salariés de Vencorex, ambitionnait de relancer une activité de production de chlore et de soude à partir du sel extrait de la mine de Hauterives (Drôme), à destination de secteurs jugés stratégiques comme la défense, l’industrie, l’agroalimentaire ou le traitement de l’eau.
Le projet devait permettre la création immédiate de 70 emplois, avec 200 postes supplémentaires à moyen terme. Convaincue de sa viabilité, Grenoble Alpes Métropole avait voté dès novembre 2025 une avance remboursable de 3 millions d’euros pour soutenir la reprise.
Des conséquences jugées lourdes pour le territoire
La collectivité alerte désormais sur plusieurs risques liés à cet abandon.
Elle évoque notamment la possible liquidation de Chlor’Alpes, exploitant de la mine de sel de Hauterives, ainsi que la mise à l’arrêt du saumoduc reliant la mine à la plateforme chimique. Grenoble Alpes Métropole craint également l’absence de perspective de reprise pour près de 70 % des surfaces du site, avec le risque d’un démantèlement progressif de la plateforme.
Autre sujet d’inquiétude : le coût potentiel de la dépollution et du démantèlement, susceptible selon elle de peser durablement sur les finances publiques et privées.
Malgré cet échec, la Métropole affirme vouloir poursuivre le travail engagé autour de la réindustrialisation du site, dans le cadre d’un "pacte local de réindustrialisation" piloté par l’État, associant collectivités, Région et industriels susceptibles d’investir la plateforme.
Dans le communiqué, le président Guillaume Lissy refuse toute résignation face à la disparition annoncée d’un pan de l’industrie chimique locale. "Nous ne voulons pas nous résigner à voir disparaître des savoir-faire industriels stratégiques et des centaines d’emplois qualifiés", affirme-t-il, appelant à une "reconquête industrielle réussie", portée conjointement par l’État, les collectivités et les acteurs économiques.