Mort de Lilian Dejean à Grenoble : la défense d'Abdoul Diallo conteste l'intention de tuer

Mort de Lilian Dejean à Grenoble : la défense d'Abdoul Diallo conteste l'intention de tuer

L'enquête sur la mort de Lilian Dejean, agent municipal abattu à Grenoble en septembre 2024, entre dans sa dernière phase. Alors que le parquet réclame le renvoi d'Abdoul Diallo devant la cour d'assises pour homicide volontaire aggravé, l'avocat du principal suspect conteste cette qualification. Il estime que les éléments du dossier ne permettent pas de démontrer une volonté de tuer.

Abdoul Diallo reconnaît être à l'origine du tir qui a coûté la vie à Lilian Dejean. Mais son avocat refuse que ce geste soit juridiquement considéré comme un homicide volontaire.

Cette distinction est au cœur du désaccord entre la défense et le parquet de Grenoble, près de deux ans après la mort de l'agent municipal, tué le 8 septembre 2024 sur le boulevard Jean-Pain.

Mercredi, le procureur Étienne Manteaux a annoncé avoir requis le renvoi du suspect de 27 ans devant la cour d'assises pour homicide volontaire sur une personne chargée d'une mission de service public.

Un tir mortel effectué à 29 mètres

Pour Me Grégoire de Petiville, avocat d'Abdoul Diallo, la question centrale concerne les circonstances du second coup de feu, celui qui a mortellement touché Lilian Dejean.

La défense souligne auprès du Dauphiné Libéré que le tir aurait été effectué à une distance d'au moins 29 mètres, au cours d'une séquence particulièrement rapide.

Elle s'appuie notamment sur une expertise vidéo pour soutenir que le tireur ne se serait pas arrêté pour viser sa victime. La qualité des images ne permettrait pas non plus d'établir avec certitude la direction de son regard au moment du coup de feu.

Ces éléments démontreraient, selon l'avocat, un comportement extrêmement dangereux, mais pas nécessairement une intention homicide.

Abdoul Diallo ne conteste toutefois pas sa responsabilité dans la mort de Lilian Dejean. Son conseil indique qu'il souhaite présenter personnellement ses excuses à la famille lors du procès.

La circonstance aggravante également contestée

Un second désaccord porte sur le statut de la victime.

Lilian Dejean travaillait au service de la propreté de la Ville de Grenoble. Le parquet considère que ses fonctions justifient de retenir la circonstance aggravante liée à sa mission de service public.

La défense conteste cette analyse, estimant qu'il n'est pas établi qu'Abdoul Diallo connaissait la qualité d'agent municipal de la victime au moment des faits.

Enfin, l'avocat s'oppose à la volonté du parquet de faire juger séparément six personnes soupçonnées d'avoir facilité la fuite du suspect vers le Portugal, où il avait été arrêté en novembre 2024.

Il souhaiterait que l'ensemble des protagonistes puissent être entendus dans une même procédure.

À ce stade, le renvoi devant la cour d'assises reste une demande du parquet. La décision appartient désormais à la juridiction d'instruction compétente.

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