L’opposition grenobloise remet le dossier des rémunérations occultes présumées sur la table.
Dans un courrier daté de ce jeudi 20 août, Thierry Aldeguer, conseiller municipal et métropolitain du groupe Réconcilier Grenoble, s’adresse directement au procureur de la République de Valence, Laurent de Caigny.
"Plus de deux ans se sont désormais écoulés depuis l’ouverture de l’enquête préliminaire, et plus d’un an depuis son dépaysement. À ce jour, aucune information publique n’a permis d’en connaître l’état d’avancement", écrit l’élu.
Une enquête ouverte en juin 2024
Pour rappel, en juin 2024, un système présumé de rémunérations occultes au sein de la municipalité grenobloise était révélé par le Canard Enchaîné. Enzo Lesourt, ancien collaborateur du cabinet du maire de l'époque Eric Piolle, aurait bénéficié en 2016 d’une augmentation mensuelle de 600 euros, avec pour contrepartie présumée le reversement de 400 euros chaque mois en espèces à Élisa Martin (LFI), alors première adjointe.
Le parquet de Grenoble avait ouvert le 5 juin 2024 une enquête préliminaire pour concussion et recel de ce délit, visant notamment Éric Piolle et la députée insoumise.
"La Ville de Grenoble est susceptible d’avoir été lésée"
Thierry Aldeguer affirme avoir demandé à Éric Piolle que la Ville de Grenoble se constitue partie civile et qu’un représentant de l’opposition soit désigné pour défendre les intérêts de la commune.
Désormais élu au conseil municipal, il renouvelle son interrogation : "La Ville de Grenoble est susceptible d’avoir été lésée par les faits qui font l’objet de l’enquête dont votre parquet a été saisi." Et de demander au procureur : "Je me permets en conséquence de vous demander de bien vouloir me préciser l’état d’avancement de cette procédure."
Le précédent de la Fête des Tuiles également rappelé
Dans sa lettre, Thierry Aldeguer évoque par ailleurs une autre procédure judiciaire concernant Éric Piolle, celle de la Fête des Tuiles, elle aussi dépaysée à Valence.
Il rappelle que cette affaire s’était conclue en septembre 2023 par une condamnation de l’ancien maire écologiste de Grenoble à 8 000 euros d’amende avec sursis pour favoritisme.