Grenoble se prépare à un nouveau week-end sous tension. Alors que plusieurs manifestations sont annoncées entre jeudi et samedi, la préfète de l'Isère, Catherine Séguin, a dévoilé mercredi soir un dispositif destiné à éviter une répétition des violences du 17 octobre.
Ce jour-là, les affrontements et dégradations avaient mobilisé les forces de l'ordre pendant plus de seize heures. Selon le bilan rappelé par la préfète, 66 personnes avaient été interpellées, dont 64 placées en garde à vue. Les violences avaient également fait 31 blessés parmi les policiers et deux parmi les sapeurs-pompiers.
Une grande partie du centre-ville interdite aux manifestations
À compter de ce jeudi 22 octobre à 6h et jusqu'au dimanche 25 octobre à 6h, tous les rassemblements, attroupements, cortèges et manifestations seront interdits dans un large périmètre du centre de Grenoble.
La zone est délimitée notamment par l'Isère au nord, le boulevard Gambetta à l'ouest, les secteurs de la rue Masséna et du boulevard Maréchal-Leclerc à l'est, ainsi que le boulevard Jean-Pain au sud, aux abords de l'hôtel de ville.
Les manifestations restent toutefois possibles en dehors de ce secteur, sous réserve des autres décisions préfectorales.
Plusieurs rassemblements sont annoncés : deux mobilisations étudiantes jeudi, un rassemblement de soutien aux forces de l'ordre et aux commerçants vendredi place Firmin-Gauthier, puis des manifestations étudiantes et de Gilets jaunes samedi.
La préfète indique que certains organisateurs ont déjà adapté leurs parcours aux restrictions.
Un couvre-feu possible à Grenoble et dans les communes voisines
Catherine Séguin n'écarte cependant pas de prendre des mesures supplémentaires si la situation devait se dégrader.
"Je n'exclus pas la possibilité, jusqu'au dernier moment, d'interdire totalement toute manifestation si les informations qui nous remontent en temps réel devaient laisser craindre de nouvelles exactions", prévient-elle.
Un couvre-feu pourrait également être instauré, non seulement dans certains quartiers grenoblois, mais aussi dans des zones commerciales d'Échirolles et de Saint-Martin-d'Hères.
La représentante de l'État envisage même d'étendre cette mesure à d'autres communes de la métropole, voire plus au nord du département, en cas de troubles ou de tentatives de pillage.
Les prochaines mobilisations se dérouleront donc sous surveillance renforcée, avec la possibilité de nouvelles restrictions décidées au dernier moment.