Il aurait aimé terminer sa carrière “général de gendarmerie”, confiait-il à L’Essor en 2018. Paul Barril aura finalement partagé sa vie entre interventions à haut risque, sécurité privée et dossiers judiciaires retentissants.
Atteint de Parkinson et d’un cancer de la thyroïde, il avait décrit à l’AFP, dès 2014, la gravité de son état.
Né le 13 avril 1946 à Vinay, en Isère, ce fils et petit-fils de gendarme termine premier de sa promotion à l’école des officiers. Karatéka ceinture noire, parachutiste, nageur de combat et tireur d’élite, il contribue en 1974 à fonder le GIGN auprès de Christian Prouteau, dont il devient le numéro deux.
Chargé des opérations du GIGN, Paul Barril conseille les autorités saoudiennes lors de la révolte de La Mecque en 1979. À l’été 1982, il remplace provisoirement Christian Prouteau, parti à l’Élysée. Son équipe arrête alors trois Irlandais à Vincennes, libérés après la découverte de graves irrégularités. Accusé d’avoir placé des armes et des explosifs chez eux, il ne sera pas poursuivi.
Gravement blessé en 1983, Paul Barril quitte le GIGN, puis se tourne vers la sécurité privée. Il publie deux livres et crée la société Secrets, travaillant auprès de personnalités et de chefs d’État dans le Golfe et en Afrique, notamment au Rwanda.
Des controverses et des médailles
En 2005, l’affaire des écoutes illégales de l’Élysée lui vaut six mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende, une condamnation confirmée en appel et en cassation. Emprisonné un peu plus d’un mois fin 2007 dans l’affaire du cercle de jeux Concorde, il est finalement relaxé.
Il est aussi entendu dans l’enquête sur l’attentat contre le président rwandais en avril 1994, qui déclenche le génocide de 800 000 Tutsi et Hutu modérés. Des ONG l’accusent de complicité et de livraisons d’armes aux génocidaires, ce qu’il a toujours contesté.
Témoin assisté en 2020, son état de santé ne permettait plus de l’interroger. En 2014, une confusion liée à son traitement avait déjà entraîné une intervention policière chez lui, où il était décrit comme “retranché et armé”.
Au cours de sa carrière, Paul Barril avait été fait chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite. Il avait également reçu la médaille de la Gendarmerie nationale avec citation.