À Grenoble, un nouvel indicateur pour mieux mesurer les effets de la pollution de l’air

À Grenoble, un nouvel indicateur pour mieux mesurer les effets de la pollution de l’air

Depuis deux ans, la station de mesure des Frênes, à Grenoble, analyse le potentiel oxydant des particules fines. Cette méthode vise à mieux comprendre leur impact sur la santé, en complément des mesures traditionnelles de concentration des polluants.

La qualité de l’air ne se résume pas à la quantité de particules présentes dans l’atmosphère. À Grenoble, Grenoble Alpes Métropole expérimente depuis deux ans un indicateur destiné à mieux évaluer leur nocivité potentielle : le potentiel oxydant (PO).

Ce suivi est réalisé en partenariat avec l’Institut des Géosciences de l’Environnement (IGE), sous la conduite de l’équipe de Gaëlle Uzu, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement. La station des Frênes dispose du plus long historique européen d’analyses chimiques consacrées à cet indicateur.

Une mesure complémentaire pour la santé

Jusqu’à présent, la surveillance de la pollution atmosphérique repose notamment sur la concentration massique des particules fines. Le potentiel oxydant apporte un autre éclairage : il évalue leur capacité à provoquer des réactions d’oxydation, susceptibles de contribuer au stress oxydatif et aux inflammations pulmonaires.

Pour effectuer ces analyses, l’air ambiant est prélevé puis acheminé à travers des filtres contenant un mélange de substances reproduisant certaines conditions du milieu pulmonaire. Les chercheurs observent ensuite dans quelle mesure les particules consomment les antioxydants présents dans ce dispositif.

Les mesures portent sur des particules dont le diamètre peut atteindre 10 micromètres, avec une moyenne d’environ 36 échantillons analysés chaque jour.

Grenoble à la pointe de l’expérimentation

La particularité du dispositif grenoblois tient à son automatisation. Selon La Gazette des communes, la capitale des Alpes est actuellement la seule ville à réaliser ce type de mesures en continu grâce à un appareil dédié. À Paris et à Marseille, les prélèvements sont également effectués, mais les analyses sont réalisées en laboratoire après leur acheminement à Grenoble.

Le suivi du potentiel oxydant s’inscrit dans le cadre des évolutions européennes en matière de surveillance de la qualité de l’air. La réglementation prévoit notamment le développement de sites spécialisés pour approfondir les connaissances sur les polluants atmosphériques.

En France, Grenoble, Paris, Marseille et Toulouse ont été retenues pour participer à cette surveillance. À terme, Grenoble Alpes Métropole souhaite contribuer à la diffusion de cette méthode afin qu’elle puisse être reproduite à plus grande échelle.

L’objectif est de compléter les indicateurs existants pour mieux caractériser les risques liés aux particules fines. Le potentiel oxydant constitue une piste de recherche prometteuse, même si son utilisation ne remplace pas les mesures habituelles de pollution.

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