Éric Piolle prend la parole.
Plus d’une semaine après les perturbations qui ont conduit à l’interruption du concert de la DJ Barbara Butch au festival Cabaret Frappé, l’ancien maire de Grenoble publie une lettre ouverte dans Libération, adressée à Jean-Luc Mélenchon. Il y demande au fondateur de La France insoumise de se prononcer sur les méthodes employées par les militants grenoblois du mouvement.
Dans cette tribune, Éric Piolle rappelle les années de coopération entre les écologistes et La France insoumise au sein de la majorité municipale grenobloise, avant d’estimer que les événements survenus lors du festival sont incompatibles avec les valeurs qu’il dit avoir défendues.
"Les désaccords politiques sont normaux, y compris avec des artistes. Mais ce n’est pas un appel au boycott qui a été fait à Grenoble. C’est de la police politique, violente", écrit-il.
L’ancien maire reproche notamment aux militants insoumis d’avoir diffusé, selon lui, des informations erronées sur Barbara Butch, d’avoir réclamé sa déprogrammation et d’avoir créé les conditions ayant conduit à l’arrêt du concert.
"J’ai lu encore récemment ta main tendue aux Écologistes (…) ton message n’a des chances d’être entendu que si des signes concrets, forts et clairs sont envoyés", poursuit-il.
Dans sa lettre, Éric Piolle estime que cette séquence nuit aux perspectives de rassemblement de la gauche à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Il rappelle avoir soutenu Jean-Luc Mélenchon lors des présidentielles de 2017 et 2022 et affirme que "notre responsabilité est immense" face à la progression de l’extrême droite.
S’adressant directement au leader insoumis, il conclut en l’appelant à envoyer "des signes concrets, forts et clairs" afin que son appel au rassemblement de la gauche puisse être entendu.
Éric Piolle veut surtout faire parler de lui. Donner son avis lui permet de nous rappeler qu’il existe encore, et on s’en serait volontiers passé.
Signaler RépondreSur le fond de cet article, il est en revanche évident qu’il faut couper les ponts avec des élus qui ont l’habitude de désigner des cibles, qu’il s’agisse d’artistes ou de conseillers municipaux. Laisser faire cela dans le contexte actuel serait irresponsable. S’il devait un jour y avoir un drame, ceux qui n’auront rien fait porteraient une part de responsabilité.
Mais dans ce cas, pourquoi ne pas agir réellement ? N’a-t-il aucun moyen de joindre Laurence Ruffin pour qu’elle prenne enfin des sanctions ?