Barbara Butch est sortie du silence. L’artiste a publié ce lundi, avec son avocate Audrey Msellati, une tribune sur le site du Monde, deux jours après les incidents survenus lors de son concert au Cabaret Frappé, à Grenoble.
Samedi soir, sa prestation avait été interrompue après des perturbations provoquées par des militants pro-palestiniens, accompagnées de jets de bouteilles et d’insultes. Ces derniers la visaient pour son soutien à Israël et à la proposition de loi dite Yadan.
Dans cette tribune, Barbara Butch estime que les événements de Grenoble marquent un tournant.
"Ce soir-là, une frontière a été franchie : celle qui sépare la protestation de la coercition, le désaccord de l’intimidation, la parole de la violence. On ne répondait plus à une artiste : on la chassait de la scène", écrivent la DJ et son avocate.
L’artiste affirme également faire l’objet, depuis plusieurs mois, d’"une campagne coordonnée" visant, selon elle, à l’écarter de la vie artistique et publique.
Barbara Butch et son avocate dénoncent également l’antisémitisme, estimant que "l’antisionisme invoqué n’a été, à Grenoble, que le vêtement de l’antisémitisme".
En conclusion, elles annoncent qu’une action judiciaire va être engagée.
"La justice donnera à ces faits toutes leurs qualifications ; les plaintes sont prêtes. Mais cette affaire déborde le prétoire. Ce qui est arrivé le 18 juillet n’est pas seulement l’histoire d’une artiste : c’est une question adressée à notre démocratie", conclut la tribune.