Meurtre de Lilian Dejean à Grenoble : le parquet requiert le renvoi d’Abdoul Diallo devant les assises

Meurtre de Lilian Dejean à Grenoble : le parquet requiert le renvoi d’Abdoul Diallo devant les assises

Plus de deux ans après la mort de Lilian Dejean, employé municipal tué par balle à Grenoble, le parquet a rendu lundi son réquisitoire définitif. Il demande le renvoi d’Abdoul Diallo devant la cour d’assises, notamment pour meurtre sur une personne chargée d’une mission de service public en état de récidive légale. Le mis en examen encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L’enquête sur la mort de Lilian Dejean franchit une nouvelle étape judiciaire.

Ce lundi 2 novembre, le parquet de Grenoble a rendu son réquisitoire définitif au magistrat instructeur et demande le renvoi d’Abdoul Diallo, aujourd’hui âgé de 27 ans, devant la cour d’assises.

Le parquet requiert qu’il soit jugé notamment pour meurtre commis sur une personne chargée d’une mission de service public en état de récidive légale, ainsi que pour port d’arme de catégorie B et blessures involontaires par conducteur aggravées par deux circonstances.

À ce stade, il s’agit des réquisitions du parquet : la décision sur un éventuel renvoi devant la cour d’assises appartient désormais au magistrat instructeur.

Deux coups de feu après un accident

Dans son communiqué, le procureur revient précisément sur les faits du 8 septembre 2024.

Selon la reconstitution issue de l’information judiciaire, Abdoul Diallo circulait à 141 km/h boulevard Jean-Pain à Grenoble, au volant d’une Audi RS3, vers 7h10.

Il aurait aperçu trop tard une voiture arrêtée à un feu rouge et l’aurait percutée à environ 100 km/h.

Lilian Dejean, employé de la Ville de Grenoble, serait alors intervenu pour empêcher le conducteur de quitter les lieux et lui demander de rester auprès de la conductrice accidentée.

D’après le parquet, Abdoul Diallo aurait néanmoins pris la fuite, poursuivi par Lilian Dejean.

Le mis en examen, qui était porteur d’un pistolet automatique, aurait alors tiré une première munition de calibre 9 mm au sol en direction de l’employé municipal.

Trois secondes plus tard, il aurait effectué un second tir, bras tendu vers Lilian Dejean, à une distance de 29 mètres. La balle l’avait atteint dans la zone thoraco-abdominale et lui avait été fatale.

Interpellé au Portugal plus de deux mois après

Après les faits, Abdoul Diallo était parvenu à se dissimuler en France jusqu’au 29 octobre 2024, selon le procureur.

Il avait rejoint le Portugal le lendemain avant d’y être interpellé le 21 novembre 2024. Il avait finalement été remis aux autorités françaises le 28 novembre.

Le parquet précise que l’état de récidive légale retenu dans ses réquisitions repose sur une précédente condamnation pour trafic de stupéfiants prononcée en 2020, délit puni de dix ans d’emprisonnement.

Abdoul Diallo encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Six autres personnes mises en examen pour avoir facilité sa fuite

L’information judiciaire concerne également six autres personnes, soupçonnées d’avoir aidé Abdoul Diallo à échapper à son arrestation.

Parmi elles figurent notamment la sœur et la mère de sa concubine. Cette dernière bénéficie, selon le parquet, d’une immunité légale.

Le ministère public demande la disjonction de ces poursuites afin que les six mis en examen soient jugés séparément devant le tribunal correctionnel pour aide à la soustraction d’un criminel à son arrestation, une infraction passible de trois ans d’emprisonnement.

Le procureur précise enfin qu’au moment de la mort de Lilian Dejean, Abdoul Diallo avait déjà été condamné à 19 reprises.

Son casier comportait notamment des condamnations pour extorsion, vol aggravé et détention de produits stupéfiants.

Il était sorti de détention le 11 mai 2024, moins de quatre mois avant les faits du boulevard Jean-Pain.

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