Grenoble : place des Géants, des habitantes dénoncent les nuisances liées aux squats

Grenoble : place des Géants, des habitantes dénoncent les nuisances liées aux squats

À la Villeneuve, dans le secteur de la place des Géants à Grenoble, l'occupation illégale de nombreux logements entraîne des tensions avec les habitants. Face aux nuisances, à l'insalubrité et aux problèmes de sécurité, une cinquantaine de femmes se sont regroupées pour interpeller les pouvoirs publics et le bailleur social Actis.

La situation devient de plus en plus difficile à vivre pour les habitants de la place des Géants, au sud du quartier de la Villeneuve à Grenoble. Depuis l'hiver dernier, plusieurs dizaines d'appartements sont occupés illégalement dans cinq immeubles du secteur. Une situation qui suscite l'inquiétude des riverains, confrontés à des nuisances quotidiennes et à une dégradation de leur environnement.

Comme le rapporte ICI Isère dans un reportage publié vendredi 6 novembre, des déchets et des encombrants s'accumulent au pied des bâtiments, tandis que les parties communes présentent de nombreux signes de détérioration. Des boîtes aux lettres ont notamment été forcées et des installations électriques endommagées.

Kenza, une habitante du quartier, témoigne de conditions de vie devenues particulièrement compliquées. Dans sa coursive, huit logements sur dix seraient occupés illégalement. Elle évoque des nuisances sonores qui se prolongent parfois jusqu'au petit matin, mais aussi des problèmes liés aux installations électriques. La jeune femme raconte notamment avoir surpris plusieurs personnes tentant de se raccorder à son compteur pour utiliser son électricité.

Une cinquantaine de femmes mobilisées pour faire entendre leur voix

Face à cette situation, un collectif d'une cinquantaine d'habitantes s'est constitué durant l'été. Leur objectif est d'obtenir des réponses concrètes de la part de la municipalité, de Grenoble Alpes Métropole et d'Actis, le bailleur social propriétaire des logements concernés.

Les habitantes souhaitent notamment que les familles occupant ces appartements dans des conditions précaires puissent être prises en charge, tout en permettant aux résidents du quartier de retrouver un cadre de vie acceptable.

Le problème n'est pas nouveau. À la suite de premières expulsions à l'automne 2025, des dispositifs de protection, notamment des portes blindées et des mesures anti-intrusion, avaient été installés. Ces précautions n'ont toutefois pas empêché de nouvelles occupations.

Le collectif a également tenté de porter ses revendications auprès des élus. Une liste de mesures a ainsi été présentée lors du conseil municipal du 6 octobre, mais n'a pas obtenu le soutien de la majorité. Anouchka Michard, conseillère municipale d'opposition et membre du collectif, regrette cette décision et estime que les difficultés des habitantes devraient dépasser les désaccords politiques.

L'adjoint au logement, Mehdi Tadjine, défend pour sa part le refus de cette proposition en expliquant que les actions demandées étaient déjà engagées par la municipalité.

Actis affirme avoir engagé des démarches

Le bailleur social Actis est également interpellé par les habitantes. Sollicité par le collectif, il indique dans un courrier consulté par ICI Isère subir lui aussi les conséquences de ces intrusions. Les occupations illégales empêchent notamment la remise en location des appartements à des ménages qui pourraient en bénéficier.

L'organisme précise également avoir déposé plusieurs plaintes à la suite de ces effractions.

Pour les habitantes mobilisées, l'enjeu est désormais d'obtenir des réponses et des actions suffisamment concrètes pour améliorer leur quotidien. Au-delà de la question des logements occupés, elles dénoncent un sentiment d'abandon face à une situation qui perdure depuis plusieurs mois.

0 commentaire
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.
Les champs requis sont identifiés par une étoile *
Si vous avez un compte Grenoble Mag, connectez-vous.
Nous ne vous enverrons pas d'email sans votre autorisation.

Le compte Grenoble Mag est gratuit et facultatif. Il vous permet notamment de réserver votre pseudonyme pour les commentaires, afin que personne ne puisse utiliser le pseudo que vous avez enregistré.
Vous pouvez créer un compte gratuitement en cliquant ici.