Les conséquences des manifestations contre la vie chère se font encore sentir à Grenoble. Plusieurs jours après les mobilisations du 24 octobre, les commerces touchés doivent faire réparer ou sécuriser leurs vitrines. Une situation qui entraîne une hausse des sollicitations pour les artisans spécialisés dans le vitrage.
C'est notamment le cas de Laurent Navaro. Cet artisan grenoblois a enchaîné les interventions dans les jours suivant les dégradations. Parmi ses premiers chantiers, une agence immobilière du boulevard Foch, dont la devanture a été fortement endommagée. Si le vitrage a résisté aux impacts, son état nécessite une intervention rapide.
Face à l'urgence, le professionnel privilégie des réparations provisoires plutôt que le remplacement immédiat des vitrines. La pose d'un film de protection permet notamment de sécuriser les lieux et de limiter les risques de blessures en cas de bris de verre. Cette solution représente environ 300 euros, contre près de 6 000 euros pour une vitrine neuve.
Un choix qui s'explique aussi par les craintes des commerçants de subir de nouvelles dégradations lors des prochaines manifestations. Certains propriétaires préfèrent donc attendre avant d'engager des travaux plus coûteux.
Une activité en hausse, mais un constat difficile sur le terrain
Ancien commerçant à Grenoble pendant une douzaine d'années, Laurent Navaro connaît les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les professionnels dont les boutiques sont endommagées. Il ne cache pas que cette situation entraîne davantage de travail pour son entreprise. Pour autant, il refuse de considérer ces événements uniquement comme une opportunité économique.
Dans un reportage diffusé le 5 novembre, France 3 Régions, sur le site ICI, rapporte les propos de l'artisan, qui décrit un sentiment partagé entre les retombées professionnelles de ces interventions et la détresse des commerçants rencontrés.
Le vitrier évoque notamment le cas d'un commerçant qui, après les dégradations, aurait préféré passer la nuit dans son établissement par crainte de nouvelles violences. Des situations qui donnent une autre dimension à son activité : derrière chaque intervention se trouvent des professionnels confrontés à des pertes matérielles et à un sentiment d'insécurité.
Laurent Navaro dit comprendre les revendications à l'origine de la mobilisation et les difficultés économiques rencontrées par la population. Il distingue toutefois la contestation des actes de vandalisme, estimant que les dégradations pénalisent avant tout les commerçants et les habitants.
Pour l'artisan, si les interventions représentent un surcroît d'activité, elles ne constituent donc pas une raison de se réjouir. Son souhait reste que les professionnels touchés puissent retrouver une situation normale, sans avoir à craindre de nouvelles dégradations.