Quatre ans de prison, dont un avec sursis, ont été requis contre le père d’Eya. Le ministère public a également demandé deux ans ferme contre l’homme accusé de l’avoir aidé.
Au cœur de ce procès : la journée du 25 mai 2023, lorsque la fillette de 10 ans avait disparu à Fontaine sur le chemin de l’école. Une alerte enlèvement nationale avait alors été déclenchée.
Selon l’enfant, sa mère et deux témoins, Eya avait été emmenée de force dans une voiture. La présidente du tribunal a notamment évoqué des gifles et une enfant tirée par les cheveux avant d’être installée dans un véhicule.
Le lendemain, son père, âgé aujourd’hui de 56 ans, et un Grenoblois de 53 ans avaient été arrêtés avec elle à Rødbyhavn, au Danemark, après avoir traversé plusieurs frontières.
Deux versions qui s’opposent
Devant le tribunal, le père d’Eya a soutenu qu’un rendez-vous avec la mère avait été convenu et qu’il pensait pouvoir repartir avec sa fille. Il nie également les violences et affirme que l’idée de gagner la Suède n’aurait été décidée qu’après avoir récupéré l’enfant.
Son coprévenu a livré une version différente sur ce dernier point. Il a reconnu avoir préparé le trajet vers la Suède, aidé à acheter des vêtements et assisté à la préparation des bagages.
Il conteste toutefois avoir participé à l’enlèvement lui-même. Il assure notamment ne pas avoir utilisé de bombe lacrymogène contre la mère et affirme avoir cru que l’enfant suivait son père volontairement.
Le contexte familial au centre de la défense
Les avocats des deux prévenus ont insisté sur le conflit ancien entre les parents autour de la résidence d’Eya.
Une décision rendue en Tunisie avait accordé la résidence de l’enfant au père après le départ de la mère pour la France en 2017. Une autre décision française avait ensuite établi une situation inverse.
Après plus de quatre heures d’audience, le tribunal a mis sa décision en délibéré au 16 octobre.