Le débat sur le logement se tend déjà à Grenoble. Après l’annonce par la maire Laurence Ruffin d’une possible brigade municipale de réquisition des logements vacants, l’opposition municipale monte au créneau.
Dans un communiqué publié ce vendredi, le groupe Réconcilier Grenoble critique une mesure jugée davantage politique qu’opérationnelle. L’opposition menée par Clément Chappet affirme partager l’objectif de prévention des expulsions, mais conteste les moyens proposés.
La brigade annoncée "apparaît davantage comme un outil de communication que comme une réponse opérationnelle à la crise du logement", estiment-ils. Pour les élus, la priorité devrait plutôt être donnée à des actions concrètes et immédiatement mobilisables.
Selon l’opposition, une part importante des 6600 logements grenoblois vacants appartient déjà au parc social, notamment via ACTIS, et pourrait être mobilisée sans recourir à de nouveaux dispositifs. "Pourquoi ne pas agir prioritairement sur ces leviers concrets ?", interrogent les opposants à la majorité de gauche.
Des procédures longues et incertaines
L'autre critique porte sur l’efficacité même des réquisitions. Le groupe souligne que ces procédures sont longues, complexes et souvent suspendues ou annulées par le juge administratif, rendant leur impact limité à court terme.
Présenter cette solution comme rapide "revient à entretenir une illusion auprès de personnes déjà en difficulté", estime l’opposition.
Enfin, Clément Chappet et son groupe dénoncent une "mise en scène politique" de Laurence Ruffin et appellent à des actions jugées plus pragmatiques : accompagnement social, détection des impayés ou coordination avec les acteurs de terrain.
Une "brigade de réquisition" municipale... Sauf que juridiquement, une mairie ne peut pas réquisitionner un seul logement.
Signaler RépondreCe pouvoir appartient au préfet, et uniquement sur les biens de sociétés ou bailleurs institutionnels — pas les particuliers (art. L.642-1 CCH).
Si la municipalité voulait vraiment agir, elle commencerait par les logements vacants des bailleurs sociaux grenoblois — eux sont bien des personnes morales, donc réquisitionnables par le préfet.
Mais ça, ça demande moins de communication et plus de travail.