C'est au 102, rue d'Alembert, que l'Action antifasciste Grenoble (AFA) donne rendez-vous samedi 23 mai à partir de 19 heures.
Au programme : un repas convivial suivi de concerts à prix libre pour "soutenir les antifascistes incarcéré-e-s". Sur Instagram, le collectif évoque aussi "cinq ans de luttes ensemble" et appelle à la solidarité avec "les camarades incarcérés".
Comme le révèle le JDD, le lieu n'est pas anodin. Le 102 est un espace culturel autogéré installé depuis 1983 dans des locaux appartenant à la municipalité grenobloise. Sans subvention, il accueille depuis plus de quarante ans concerts, débats, expositions ou projections issus des scènes alternatives et expérimentales.
Cette soirée de soutien se tient dans un climat particulièrement lourd. Neuf hommes sont actuellement en détention provisoire et mis en examen dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque, militant d'ultradroite de 23 ans décédé le 14 février dernier à Lyon. Il avait été violemment frappé deux jours plus tôt en marge d'une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Plusieurs suspects sont soit membres, soit proches de la Jeune Garde, organisation co-fondée en 2018 par le député insoumis Raphaël Arnault. Parmi eux figurent d'anciens collaborateurs du parlementaire.
Reste à savoir si la mairie de Grenoble dirigée désormais par Laurence Ruffin réagira à l'organisation de cet événement dans un local municipal.
Le groupe d'opposition Réconcilier Grenoble a saisi la préfète de l’Isère et la maire de Grenoble après l’annonce du concert. Dans deux courriers adressés à Catherine Séguin et à Laurence Ruffin, les élus autour de Clément Chappet estiment que la tenue de ce concert pourrait constituer un risque de trouble à l’ordre public en raison de la présence annoncée de militants radicaux.
Ils demandent donc à la préfecture et à la municipalité de prendre "toutes les mesures nécessaires" afin d’empêcher la tenue de l’événement dans quelques jours.