La fin de la trêve hivernale ravive les inquiétudes à Grenoble. Depuis le 31 mars, les expulsions locatives peuvent reprendre, dans un contexte national marqué par une forte hausse du phénomène.
La nouvelle maire Laurence Ruffin tire la sonnette d’alarme. "Le logement et l’hébergement d’urgence sont des droits fondamentaux", insiste-t-elle, appelant à éviter au maximum les expulsions.
Selon les chiffres avancés, 30 500 expulsions ont été réalisées en 2025, soit une augmentation de 27 % en un an.
Une situation que la maire relie notamment à l’application de la loi Kasbarian-Bergé, et qui renforce ses préoccupations à l’échelle locale. "Je souhaite travailler avec l’ensemble des acteurs […] pour éviter cette solution de dernier recours", affirme-t-elle.
Pour la Ville de Grenoble, la priorité doit être donnée à l’anticipation. Une coordination renforcée est évoquée entre : la préfecture, les associations spécialisées, l’ADIL et les équipes mobiles de prévention. Et ainsi intervenir en amont des impayés et éviter que les situations ne se dégradent.
"Prévenir une expulsion est moins coûteux, humainement et financièrement, que d’en gérer les conséquences", rappelle Laurence Ruffin.
La municipalité met en avant l’action du CCAS de Grenoble, notamment via son pôle d’inclusion financière. Mais les capacités d’hébergement restent limitées. La Ville finance actuellement 340 places, pour un budget de 1,8 million d’euros par an, déjà saturées.
Dans ce contexte, la maire appelle l’État, compétent en matière d’hébergement d’urgence, à garantir une solution pour chaque ménage concerné.
Vers de nouvelles mesures locales
Grenoble souhaite également élargir la réponse à l’échelle métropolitaine. La municipalité propose la création de places d’hébergement dans l’ensemble des 49 communes, via un fonds de solidarité intercommunal.
Autre piste : la mise en place d’une brigade municipale de réquisition des logements vacants, actuellement à l’étude.
La Ville enjoint l’État à faciliter ce dispositif "afin d’apporter des solutions concrètes pour faire respecter le droit au logement".