La conseillère municipale et métropolitaine Dominique Spini a annoncé avoir déposé une plainte pénale au sujet de ces soupçons autour d'Eric Piolle et plusieurs de ses proches. Elle interpelle également directement Laurence Ruffin, candidate désignée par le maire sortant pour les municipales de 2026.
Dans son communiqué, Dominique Spini indique avoir saisi la justice par l’intermédiaire de son avocat, Me Thierry Aldeguer, estimant que les faits révélés par Mediapart en septembre dernier pourraient relever de prise illégale d’intérêt, de favoritisme ou encore de détournement de fonds publics.
Pour rappel, il avait été révélé que Lucille Lheureux, alors adjointe au maire de Grenoble, avait bénéficié en 2021 d'un prêt de 45 000 euros de la part d'Odile Barnola, directrice de cabinet d'Eric Piolle.
Puis que son compagnon Eric Recoura, recruté comme directeur des relations internationales “dans des conditions contestées” à la Ville de Grenoble, avait bénéficié d'une rupture conventionnelle en 2023, assortie d’une indemnité de 45 000 euros, pour laquelle “le maire est personnellement intervenu” selon le communiqué.
Ce montant a-t-il permis à Lucille Lheureux de rembourser Odile Barnola avec de l'argent public ?
Dominique Spini évoque des “concomitances de flux d’argent public sous les directives d’Eric Piolle”, motivant sa demande d’ouverture d’une enquête préliminaire et l’audition des protagonistes cités.
Au-delà des possibles irrégularités financières, l'opposante vise également la candidate écologiste Laurence Ruffin. Elle l’appelle à “s’expliquer sur ces pratiques municipales” après que Lucille Lheureux a affirmé avoir subi “menaces et intimidations” lorsqu’elle avait envisagé de se présenter lors de la primaire interne des Verts remportée par Ruffin.
Pour Dominique Spini, la candidate annoncée comme étant la favorite du scrutin local doit “mettre fin à l’opacité qui l’entoure” et l’enjoint à choisir entre “faire perdurer ce système clanique de règlements de comptes” ou “rompre avec lui”.