Sept mois après les incidents survenus aux abords du Stade des Alpes, la décision judiciaire concernant un supporter grièvement blessé suscite des réactions. Le 28 octobre, l’Association nationale des supporters (ANS) avait dénoncé le classement sans suite de la plainte visant un policier. Dans un communiqué relayé par Le Dauphiné Libéré, elle rappelait la gravité des blessures subies par le plaignant.
Ce dernier aurait notamment reçu un coup de matraque au visage, entraînant plusieurs fractures, des opérations chirurgicales et 21 jours d’incapacité totale de travail (ITT). L’association évoquait également 70 points de suture et un enfoncement de la boîte crânienne.
Le parquet s'appuie sur les images des caméras
Interrogé par Le Dauphiné Libéré ce lundi 2 novembre, le parquet de Grenoble a détaillé les éléments qui ont conduit à cette décision. Selon le ministère public, l’examen de la procédure, notamment des images de vidéoprotection et des caméras-piétons des policiers, a permis de reconstituer le déroulement des faits.
D’après cette analyse, l’homme blessé venait de prendre part à des violences contre un autre supporter, sur les voies du tramway, avec plusieurs autres personnes. Les policiers seraient alors intervenus pour empêcher que de nouvelles victimes soient prises pour cible.
Le parquet indique que l’individu se serait ensuite dirigé de manière agressive vers les fonctionnaires, en adoptant un comportement à la fois verbalement et physiquement provocateur. Le coup de matraque aurait été porté alors qu’il était sur le point d’entrer en contact avec l’un des policiers.
Pour le parquet, cette séquence caractérise un état de nécessité : le fonctionnaire aurait agi afin d'empêcher la commission de nouvelles violences. C'est ce motif qui a conduit au classement sans suite de la plainte. Le ministère public ajoute que l'homme blessé était déjà défavorablement connu pour des faits de violences commis lors de manifestations sportives.
Le plaignant peut encore saisir la justice
La décision du parquet ne ferme toutefois pas toutes les possibilités judiciaires. Une copie de la procédure, ainsi que les vidéos issues des dispositifs de vidéoprotection et des caméras-piétons, a été remise à l’avocat du plaignant.
Comme l’a précisé le parquet, le classement sans suite peut être contesté. Le plaignant a également la possibilité de faire délivrer une citation directe devant le tribunal correctionnel.