Une adolescente de 15 ans a dû s'échapper de chez elle pour trouver refuge chez une voisine. Mercredi 28 octobre, aux Abrets-en-Dauphiné, elle a fui le domicile familial après une violente altercation impliquant son père, qui s'en était également pris à son épouse. Les faits ont conduit à une intervention importante des forces de l'ordre, mobilisées notamment en raison de la présence signalée de plusieurs armes.
D'après les éléments rapportés par Le Dauphiné Libéré, l'homme avait commencé à boire dès le matin. En fin de journée, une dispute avec sa femme a dégénéré. Il aurait d'abord utilisé un taser pour intimider les membres de sa famille, avant de décocher une flèche avec une arbalète, blessant son épouse au visage. Sa fille aurait ensuite été plaquée au sol et aurait perdu une touffe de cheveux arrachée par son père.
La mère a tenté de s'interposer avant de se mettre à l'abri avec leur deuxième enfant dans une chambre. L'adolescente, elle, a réussi à quitter la maison en utilisant une écharpe fixée au volet de sa chambre. Elle a ensuite été recueillie par une voisine, qui a donné l'alerte.
Huit armes découvertes lors de l'intervention
Les gendarmes ont mobilisé près d'une vingtaine de militaires, dont des membres du peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG) de Creys-Malville. Le quadragénaire a finalement été retrouvé endormi sur un canapé, avec deux armes à proximité. Son interpellation a été mouvementée : il s'est montré virulent et a porté des coups aux militaires.
Les recherches effectuées au domicile ont permis de découvrir huit armes détenues illégalement. Parmi elles figuraient notamment un fusil semi-automatique équipé d'un silencieux et un fusil de chasse à trois coups. Une arbalète et un taser faisaient également partie de l'arsenal évoqué dans le dossier.
Lors de sa garde à vue, l'homme a reconnu faire claquer son taser pour intimider son épouse, mais aussi son chien. Il a expliqué être passionné d'armes depuis une vingtaine d'années et avoir récupéré plusieurs de ces équipements au fil du temps.
Une peine de prison avec bracelet électronique
Jugé en comparution immédiate lundi 2 novembre à Bourgoin-Jallieu, le prévenu a évoqué une période de dépression et les difficultés personnelles rencontrées depuis un grave accident survenu deux ans auparavant, qui l'empêche de travailler. Son avocat a notamment mis en avant les conséquences de cette situation sur son équilibre personnel et familial.
Le tribunal l'a condamné à deux ans d'emprisonnement, dont un an assorti d'un sursis probatoire. La partie ferme devra être exécutée sous bracelet électronique. Il devra également résider dans un logement du centre de prise en charge des auteurs de violences conjugales (CPCA) de Vienne.
La décision prévoit par ailleurs une interdiction de contacter les victimes ainsi que le retrait de l'exercice de l'autorité parentale.
Besoin d'aide : le 3919 est le numéro national gratuit et anonyme d'écoute et d'orientation des femmes victimes de violences. Il est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.