Le Tour de France cette année met l'Isère à l'honneur. Selon le président du Département Jean-Pierre Barbier, qui tient l'information de Christian Prud'homme en personne, c'est "exceptionnel" d'accueillir quatre étapes de la Grande Boucle la même année.
Du 22 au 25 juillet, les coureurs arpenteront les routes souvent montagneuses de l'Isère.
Le mercredi 22 juillet, l'arrivée de la 17e étape se fera à Voiron, après un départ de la Savoie et de Chambéry.
Le lendemain, le 23 juillet, le peloton s'élancera de Voiron pour rallier Orcières-Merlette dans les Hautes-Alpes voisines.
Puis retour en Isère le 24 juillet pour l'étape Gap-L'Alpe d'Huez.
Enfin, le samedi 25 juillet, à la veille de la fin du Tour sur les Champs-Élysées, apothéose avec un départ du Bourg-d'Oisans et une seconde arrivée à l'Alpe d'Huez.
Forcément, une telle concentration massive d'étapes demande une organisation au cordeau. Ce jeudi 16 juillet, la préfète de l'Isère Catherine Séguin convoquait la presse et les différents acteurs concernés pour faire un point logistique.
"Nous avons un total de 345,6 km de routes empruntées par le Tour sur le département. Nous avons 2600 agents des services de l'État qui seront mobilisés et cumulés sur les quatre jours pour assurer le bon déroulement de la course", indique la haute-fonctionnaire. En sachant que lors d'une étape en Isère lors d'une précédente édition de l'événement, entre 500 et 700 000 spectateurs avaient été recensés.
Au-delà du casse-tête habituel que représente le passage de la Grande Boucle, l'Isère fait aussi face à des enjeux environnementaux et météorologiques : "canicule, feux de forêt, autant d'éléments un petit peu exceptionnels qui nécessitent de notre part à tous une concentration de chaque instant et de nous donner les moyens d'ajuster en permanence", prévient Catherine Séguin.
Il y a aussi le cas du passage par le col de Sarenne. La préfecture s'est montrée intraitable sur le sujet : "Ce passage a conduit à des décisions pour justement préserver l'environnement, les sensibilités particulières de ce milieu naturel et les espèces animales et végétales qui l'occupent et qui la peuplent". Ainsi, la caravane publicitaire n'empruntera pas la route du col de Sarenne, l'accès au col sera restreint pour les véhicules de course et l'accès au public sera interdit sur cette zone également.
Des routes refaites, et surtout fermées
Côté conseil départemental, on a l'explosive gestion des routes à prévoir et à exécuter. Avec des travaux urgents pour s'assurer qu'aucun nid-de-poule, dos d'âne ou plaque d'égout mal fixée ne mettent en péril le peloton. Et bien sûr les fermetures en cascade, dont certaines débuteront une semaine avant le passage du Tour. "Tout ceci sera amplifié le jour J. Les agents du Département vont aussi déposer 1200 bottes de paille en protection des travaux ou du risque de percussion d'équipement routier", se félicite Jean-Pierre Barbier.
Le président du Département promet aussi des réouvertures de route "15 minutes après le dernier passage" des coureurs.
A Voiron, le centre-ville sera bloqué durant deux jours. Des parkings seront installés, mais le 1er adjoint au maire Yves Allardin appelle de ses voeux à ce que les spectateurs viennent plutôt en train, la gare étant à 300 mètres de l'arrivée du Tour.
Au Bourg-d'Oisans, le maire Bruno Aymoz annonce qu'il gardera ses services municipaux (piscine, médiathèque, musée) ouverts.
Enfin, à l'Alpe d'Huez, le 1er adjoint Yves Breton a plébiscité les paysages merveilleux qui seront vus par des millions de téléspectateurs, mais a aussi rappelé qu'il fallait gérer les énormes flux de personnes au bord des routes et dans les communes. "Il convient d'accueillir le mieux possible tous nos hôtes, tout en garantissant la nécessaire sécurité au public et aux champions", indique-t-il.
Des centaines de policiers, gendarmes, pompiers mobilisés
D'ailleurs, les forces de l'ordre et les services de secours seront évidemment sur le pont, avec des renforts, y compris des polices danoise et néerlandaise pour informer au mieux les spectateurs assidus de ces deux nationalités.
Du petit malaise au vol d'affaires, en passant par le redouté accident de grande ampleur, tout a été listé et anticipé. Et si les élus sont évidemment extatiques à l'idée d'accueillir autant d'étapes, les responsables de gendarmerie, police nationale, pompiers et Samu ont globalement tous appelé de leurs vœux à ce qu'en 2027, l'Isère puisse se contenter de moins.
Enfin, il y a aussi des retombées positives qui justifient un tel raout couteux (environ 223 000 euros à débourser pour chaque étape ndlr). "D'un point de vue touristique, c'est énorme, le Tour de France amène beaucoup", promet Jean-Pierre Barbier, qui a chargé ses équipes de réaliser un audit économique qui sera dévoilé en octobre.
"Qu'est-ce que ça fait du bien de pouvoir offrir une fête populaire gratuite à des milliers et des milliers de personnes tout au long de la route pour voir des sportifs de haut niveau", conclut-il, prédisant que l'issue du Tour de France se jouera en Isère, "probablement à l'Alpe d'Huez".