Battu par Laurence Ruffin, Alain Carignon a annoncé lundi quitter la vie politique, une décision anticipée qu’il dit indépendante de tout accord.
Né en 1949, Alain Carignon s’est engagé très tôt en politique, dès ses premières années à Saint-Martin-d’Hères. Sa trajectoire l’a conduit à exercer de nombreuses fonctions : maire, président du conseil général de l’Isère, député, député européen, ainsi que ministre de l’Environnement sous Jacques Chirac puis de la Communication sous Édouard Balladur.
Ancien maire de Grenoble entre 1983 et 1995, Alain Carignon visait un retour à la tête de la ville. Il met en avant la solidité du nouveau groupe d’opposition, fort de treize élus. Il laisse entrevoir une relève incarnée par une nouvelle génération, évoquant notamment Clément Chappet parmi les profils appelés à émerger.
Sa carrière a été marquée par une condamnation en 1996 pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins, avec une peine de cinq ans de prison dont un avec sursis, assortie d’une période d’inéligibilité et d’une amende. Il a purgé 29 mois de détention, une durée qui demeure exceptionnelle pour un responsable politique en France.
De retour sur la scène politique au début des années 2000, il avait retrouvé un siège au conseil municipal en 2019 avant de tenter à nouveau sa chance en 2020, sans succès face au maire sortant Éric Piolle. Il aura ensuite siégé dans l’opposition pendant six ans avant de lancer, en 2025, une ultime campagne.
"La situation actuelle de Grenoble demande de l’énergie et elle demande du temps. Je ne dispose que de la première qui est intacte et je serais prêt à l’exercer et à la faire valoir sans problème pour un certain nombre d’années. Mais je ne dispose pas de la seconde car l’horloge du temps est implacable malgré les progrès de la science que je désire évidemment plus qu’un autre. En 2033, l’alternative à Grenoble aura besoin d’une nouvelle incarnation. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de ne pas siéger au conseil municipal", a-t-il déclaré ce lundi.
Désormais retiré de toute ambition électorale, Alain Carignon entend rester à Grenoble et suivre la vie locale en simple citoyen, tout en apportant un soutien ponctuel à l’opposition.