Une station de lavage automobile installée à proximité immédiate d'habitations est au cœur d'un litige judiciaire à Charvieu-Chavagneux. Fin août, le tribunal administratif de Grenoble a donné raison à une habitante qui dénonçait depuis plusieurs années les nuisances sonores provoquées par Oda Services.
La commune devra lui verser 12 900 euros. Cette somme comprend 10 000 euros au titre du préjudice subi, ainsi que 900 euros de frais d'avocat et 2 000 euros de frais d'huissier. La justice estime que les bruits liés à l'exploitation de la station troublaient la tranquillité de la riveraine et que les mesures prises par la municipalité n'avaient pas permis de faire cesser le problème.
Une installation contestée depuis son ouverture
Mise en service en 2020, la station a été construite sur une parcelle appartenant à la commune, à l'angle des rues des Provinces et des Allobroges. Depuis le début de son exploitation, une voisine s'est régulièrement plainte du bruit généré par l'activité.
Le maire, Gérard Dézempte, rappelle que des dispositions destinées à limiter les nuisances figuraient dans le cahier des charges établi avec l'exploitant, Tokheim Services France, opérant sous le nom commercial Oda Services. Il indique également avoir réduit les horaires d'ouverture après les premières alertes, avec une fermeture fixée à 22 heures.
L'élu estime toutefois qu'une restriction supplémentaire aurait fragilisé la situation économique de l'entreprise. Contacté par Le Dauphiné Libéré, il critique la décision judiciaire, considérant que la municipalité devait aussi tenir compte de l'activité économique apportée par cette station.
L'opposition dénonce un projet mal anticipé
La condamnation est, au contraire, jugée prévisible par Fabien Gauthier, conseiller municipal d'opposition. Il remet en question le choix d'implanter un équipement de ce type à proximité d'une habitation et estime que les nuisances auraient dû être prises en compte dès la conception du projet.
Le maire a annoncé qu'il ne ferait pas appel. Il explique que la station serait actuellement en difficulté financière et qu'elle s'apprêterait à déposer le bilan. La cessation de son activité rendrait donc, selon lui, un recours inutile.
Gérard Dézempte indique néanmoins que la municipalité travaillera sur le dossier dans l'hypothèse où un nouvel exploitant reprendrait le site, afin d'éviter que les mêmes difficultés ne se reproduisent.
Pour Fabien Gauthier, cette affaire illustre un échec dans la conduite du projet municipal : une installation contestée par une habitante, une condamnation de la commune et une fermeture désormais annoncée. Une lecture que le maire ne partage pas, lui qui défendait initialement l'intérêt économique de l'équipement.