Plus de trois ans après les faits, Eya reste profondément traumatisée, selon son avocate, Me Mélanie Muridi. Son père, âgé de 56 ans, a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour soustraction d’enfant, rétention hors de France et violences, rapporte Le Dauphiné libéré.
Le jugement lui interdit également tout contact avec sa fille et toute présence à son domicile pendant trois ans. À la demande de la procureure, le tribunal lui a retiré l’autorité parentale, le privant des droits et devoirs qui y sont attachés.
Son ami, un Grenoblois de 53 ans sans antécédent judiciaire, a écopé de deux ans de prison, dont six mois avec sursis, pour sa complicité. Lui aussi ne peut plus contacter Eya, désormais adolescente. À l’audience du 22 septembre, il avait admis avoir préparé le trajet vers la Suède.
C’est dans ce pays que le père, de nationalités tunisienne et suédoise, comptait obtenir un passeport avant de rejoindre la Tunisie par avion. Les deux hommes avaient finalement été retrouvés avec l’enfant au Danemark, trente heures après son enlèvement. La procureure avait attribué l’échec de leur projet à la coopération européenne.
Le 25 mai 2023, tôt le matin, Eya avait été arrachée à sa mère alors qu’elles rejoignaient son école à Fontaine. Des témoins avaient décrit un épisode d’une grande violence, la fillette étant contrainte de monter dans une voiture. Une alerte enlèvement nationale avait été déclenchée.
Devant les juges, les deux prévenus avaient pourtant avancé la thèse d’une mise en scène organisée par la mère. Le père affirmait qu’elle avait accepté le départ d’Eya pour la Tunisie et qu’un rendez-vous avait été convenu. Une version contredite par les témoignages. Pour se défendre, il invoquait aussi une décision de la justice tunisienne lui accordant la garde exclusive de sa fille après la séparation du couple. Ces arguments n’ont pas convaincu le tribunal.