À Grenoble, la peur des violences pousse certains commerçants à envisager l’autodéfense

À Grenoble, la peur des violences pousse certains commerçants à envisager l’autodéfense

À l’approche d’une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère, plusieurs commerçants grenoblois redoutent de nouveaux débordements. Face aux pillages et aux violences évoqués ces dernières semaines, certains cherchent à se protéger, tandis que les représentants des commerçants appellent à ne pas se faire justice eux-mêmes.

Les ventes d’équipements de défense en hausse

À Grenoble, les inquiétudes d’une partie des commerçants se traduisent jusque dans les armureries. Depuis le 17 octobre, l’une d’elles a vu ses ventes augmenter fortement. Les aérosols de défense, notamment au poivre ou lacrymogènes, figurent parmi les produits les plus demandés. Quelques pistolets de défense tirant des balles en caoutchouc ont également trouvé preneur.

Le responsable de l’établissement indique avoir dû renouveler ses stocks après plusieurs journées de ventes soutenues. Parmi les acheteurs, il compte de nombreux commerçants, préoccupés par les risques de dégradations et d’affrontements lors des rassemblements.

Cette tendance intervient alors qu’un nouvel acte de la mobilisation se prépare, avec une manifestation demandée à Grenoble par les Gilets jaunes et le syndicat Sud. Le parcours envisagé serait identique à celui de la semaine précédente.

Les commerçants partagés entre inquiétude et prudence

La possibilité de recourir à l’autodéfense gagne du terrain dans les discussions entre professionnels. Emmanuel Lenoir, président de l’association grenobloise Label Ville, reconnaît que certains commerçants lui ont fait part de cette idée.

Il comprend leur exaspération, mais met en garde contre une réponse individuelle aux violences. Pour lui, la protection des commerces relève des forces de sécurité, et non des commerçants eux-mêmes. Il appelle donc les services de l’État à garantir la sécurité lors des manifestations.

Derrière ces débats, l’inquiétude reste palpable. Une commerçante confie ressentir un changement depuis le 17 octobre, signe du climat de tension auquel certains professionnels disent être confrontés.

Un précédent qui a conduit à une enquête

La question de l’autodéfense est d’autant plus sensible qu’un commerçant grenoblois a déjà sorti une arme de défense lors du rassemblement du week-end précédent. Il s’agissait du gérant d’un magasin Carrefour City, dont le geste a donné lieu à l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Grenoble.

ICI Isère décrit ainsi une situation où la crainte de nouveaux débordements pousse certains commerçants à envisager des moyens de protection individuels, malgré les risques et les limites de cette démarche.

À la veille de cette nouvelle mobilisation, une question demeure : comment protéger les commerces et leurs salariés sans faire monter davantage les tensions dans l’espace public ?

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