Éboulement géant près de Grenoble : les patrons de la carrière condamnés, mais pas pour le glissement de terrain

Éboulement géant près de Grenoble : les patrons de la carrière condamnés, mais pas pour le glissement de terrain

Près de deux ans après l’effondrement spectaculaire du mont d’Artets, qui avait coupé un axe majeur entre Grenoble et Valence, la justice a condamné les dirigeants de la carrière de La Rivière. La justice n’a toutefois pas retenu de lien établi entre l’exploitation et le glissement de terrain.

Le tribunal correctionnel de Grenoble a rendu sa décision ce mardi 26 mai dans le dossier de la carrière de La Rivière, plusieurs mois après l’impressionnant éboulement survenu en juillet 2024.

Selon le Dauphiné Libéré, les deux principaux responsables de l’exploitation, Jean-Pierre Carron, directeur général âgé de 70 ans, et Philippe Puthod, président de 59 ans, ont été condamnés à 50 000 euros d’amende chacun pour avoir poursuivi l’activité du site malgré une mise en demeure administrative.

Les magistrats n’ont toutefois pas retenu l’accusation la plus lourde liée à une "dégradation substantielle de l’environnement".

Au cœur des débats figurait notamment l’absence de contrôle suffisant des vibrations provoquées par les tirs d’explosifs sur le site. Mais selon le tribunal, il n’a pas été possible de démontrer que ces manquements étaient à l’origine directe de l’effondrement du mont d’Artets.

Le 25 juillet 2024, près d’un million de mètres cubes de roches et de terre s’étaient détachés de la montagne, ensevelissant la RD1532, principal axe routier reliant Grenoble à Valence en rive gauche de l’Isère.

La société Carrière de La Rivière, en tant que personne morale, a écopé d’une amende de 150 000 euros.

En raison de la requalification des faits, les parties civiles — riverains, agriculteurs et collectivités touchés par les conséquences de l’éboulement — ont vu leurs demandes d’indemnisation rejetées dans cette procédure pénale.

Lors du procès en mars, le parquet avait pourtant requis des peines plus lourdes, dénonçant des manquements répétés et une attitude de défiance vis-à-vis des prescriptions de l’État. Le tribunal n’a finalement suivi qu’une partie de cette analyse.

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