Une fraude massive qui aurait pu faire de nombreuses victimes.
Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné une jeune femme de 24 ans à trois mois de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende pour des faits de corruption passive commis lorsqu’elle travaillait comme intérimaire à La Poste.
L’affaire débute en 2023 lorsque les services de contrôle de La Poste repèrent une activité anormalement élevée dans le bureau de poste de Saint-Égrève. En l’espace d’un mois, 492 identités numériques sont créées dans cette seule agence, un volume incompatible avec les procédures habituelles nécessitant la présence physique des usagers et la vérification de leur pièce d’identité.
L’enquête interne puis les investigations menées par les gendarmes permettent rapidement de soupçonner une intérimaire récemment recrutée.
Les investigations établissent que la jeune femme aurait créé frauduleusement 438 identités numériques en seulement trois semaines, en utilisant les accès professionnels d’une collègue.
À l’audience, elle explique avoir répondu à une publication diffusée sur Snapchat par une personne recherchant quelqu’un travaillant à La Poste. Selon ses déclarations, cet inconnu lui aurait proposé de l’argent pour valider de fausses identités numériques.
La prévenue reconnaît avoir accepté l’offre et indique avoir reçu entre 1 000 et 1 500 euros en espèces.
Ces identités numériques permettent notamment d’accéder à FranceConnect et aux comptes personnels de formation (CPF). Les fraudeurs peuvent ensuite usurper l’identité des victimes afin de détourner les crédits de formation accumulés sur leurs comptes.
La prévenue a été reconnue coupable de corruption passive, une qualification qui sanctionne le fait d’accepter une rémunération en échange d’un acte réalisé dans le cadre de ses fonctions. Elle échappe à l'incarcération.