À l’approche des élections municipales, l’intersyndicale de l’Isère, composée de la CGT, CFDT, FSU, Solidaires, CFE-CGC, UNSA et CFTC, appelle les candidates et candidats à placer l’égalité femmes-hommes au cœur de leurs programmes. Dans une lettre ouverte publiée ce mardi 3 mars à Grenoble, les organisations syndicales réclament des engagements "clairs, chiffrés et opposables" pour les six prochaines années.
Cette interpellation intervient alors que la campagne électorale entre dans une phase décisive et à quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, lors de laquelle les syndicats annoncent déjà des mobilisations.
Dans leur texte, les organisations syndicales rappellent que les inégalités entre femmes et hommes restent marquées dans le monde du travail. Elles soulignent notamment que les femmes gagnent encore moins que les hommes à travail égal et que leurs pensions de retraite sont en moyenne inférieures d’un quart.
Elles insistent également sur le rôle des collectivités territoriales, qui emploient plus de 60% de femmes dans la fonction publique territoriale. Les syndicats demandent ainsi aux futurs élus de s’engager sur plusieurs mesures : rattrapage salarial dans les collectivités, intégration de clauses d’égalité dans les marchés publics ou encore développement de structures publiques pour la petite enfance et l’aide aux proches aidants.
La question des violences conjugales occupe également une place centrale dans la lettre ouverte. Les syndicats évoquent une hausse de 28% des violences conjugales enregistrées entre 2022 et 2024 en Isère. Plus de 9400 femmes auraient signalé des faits aux autorités judiciaires sur trois ans.
Si l’agglomération grenobloise est relativement bien dotée en structures d’accompagnement, les organisations syndicales estiment que les zones rurales et de montagne restent moins bien couvertes. Elles demandent notamment le maintien ou l’augmentation des subventions aux associations d’aide aux victimes, la création de places d’hébergement d’urgence dédiées et une meilleure formation des agents municipaux au repérage des victimes.
Les syndicats alertent aussi sur la santé reproductive et l’accès à l’IVG, qu’ils jugent fragilisé par la baisse des moyens hospitaliers et la fermeture de lits. Ils appellent les collectivités à soutenir les centres de planification familiale et à favoriser l’implantation de structures de soins gynécologiques et obstétriques sur leurs territoires.
Ils demandent également que les communes développent davantage d’actions d’éducation à la vie affective et sexuelle dans les écoles, en lien avec l’Éducation nationale et les associations.
Enfin, l’intersyndicale évoque un contexte politique marqué, selon elle, par la montée des discours antiféministes et de l’extrême droite. Elle estime que ces évolutions pourraient fragiliser les politiques d’égalité et les structures associatives engagées dans la défense des droits des femmes.