L’accompagnement des personnes vivant dans les squats et les bidonvilles de l’agglomération grenobloise pourrait-il être fragilisé par les difficultés de recrutement et de remplacement au sein des services métropolitains ? C’est la crainte exprimée par les agents de l’unité d’inclusion sociale de Grenoble Alpes Métropole, dont les alertes ont été relayées fin octobre.
Au cœur des préoccupations : plusieurs postes qui ne seraient plus pourvus, notamment après le départ d’une salariée en avril et l’absence prolongée d’une autre personne en arrêt maladie. La CGT s’inquiète également du devenir de certains contrats à durée déterminée. Selon le syndicat, cette diminution des effectifs menace la capacité du service à poursuivre ses missions dans des conditions satisfaisantes.
Un dispositif essentiel pour les personnes vivant en squat ou en bidonville
Le service métropolitain intervient auprès des personnes installées dans des squats et des bidonvilles. Ses missions comprennent des maraudes, un accompagnement social et la gestion de solutions d’hébergement destinées à ces publics.
Le dispositif comprend notamment 90 places d’hébergement, ainsi qu'une solution transitoire de mise à l'abri. D'après les informations rapportées par Place Gre'net, les agents assurent également un accompagnement renforcé en lien avec différents partenaires de l'agglomération.
Pour la CGT, la réduction des effectifs risque de compromettre la continuité de cet accompagnement. Le syndicat alerte sur les conséquences possibles pour les familles concernées, notamment si les moyens disponibles ne permettent plus de répondre aux besoins sociaux identifiés.
Les agents dénoncent aussi un manque de dialogue social autour de l'évolution du service et de ses missions.
La Métropole confrontée à des moyens limités
De son côté, Grenoble Alpes Métropole met en avant un décalage entre les besoins observés sur le terrain et les ressources financières dont elle dispose. La collectivité indique travailler à un plan d'adaptation et chercher des financements supplémentaires auprès de l'État, dans la mesure où elle exerce cette mission pour son compte.
Les deux positions mettent ainsi en lumière une difficulté centrale : comment maintenir un accompagnement social auprès de personnes particulièrement vulnérables alors que les ressources humaines et financières sont jugées insuffisantes ?
À ce stade, les informations disponibles ne permettent pas de conclure à une suppression du service. Les inquiétudes portent sur l'évolution de ses effectifs et sur les conséquences possibles pour son fonctionnement.
Une mobilisation prévue début novembre à Grenoble
Pour faire entendre leurs préoccupations, les agents doivent se mobiliser le vendredi 6 novembre 2026, de 9 heures à 10 heures, place André-Malraux, à Grenoble. Le rassemblement est prévu avant la tenue du conseil métropolitain.
Cette mobilisation doit permettre d'interpeller les élus sur l'avenir du dispositif et sur les moyens nécessaires à la poursuite de ses missions. La question reste donc celle de la capacité de la Métropole à adapter son organisation sans fragiliser l'accompagnement des personnes vivant dans les squats et les bidonvilles de l'agglomération.