Créée en 2012 à Grenoble, Vates s’est développée jusqu’ici sans recourir à des investisseurs financiers. L’entreprise, qui a conservé un modèle rentable et autofinancé, fait désormais le choix de s’entourer de partenaires capables de soutenir une nouvelle phase de croissance. Malgré cette entrée au capital, les trois fondateurs conservent la majorité du capital.
Une alternative open source aux solutions propriétaires
Le positionnement de Vates repose sur deux produits phares : XCP-ng, une plateforme de virtualisation open source, et Xen Orchestra, dédiée à l’administration et à la supervision des environnements virtualisés.
Cette offre permet à l’entreprise de se positionner sur un marché longtemps dominé par quelques grands acteurs internationaux. Vates revendique aujourd’hui plus de 1 000 clients répartis dans une centaine de pays. Sa progression lui a également permis d’être référencée en 2026 dans le Magic Quadrant de Gartner consacré aux solutions de virtualisation, une reconnaissance qui contribue à renforcer sa visibilité auprès des grandes organisations.
L’entreprise bénéficie par ailleurs d’une forte dimension internationale. En 2025, 90 % de son activité était réalisée hors de France, avec une implantation particulièrement significative en Amérique du Nord, où Vates est présente depuis 2019.
Le contexte favorise les acteurs indépendants
Le timing de cette levée n’est pas anodin. Le secteur de la virtualisation traverse une période de transformation profonde depuis le rachat de VMware par Broadcom.
La nouvelle configuration du marché, notamment autour des tarifs et des politiques de licences, pousse certaines entreprises à réexaminer leurs choix technologiques. Pour les organisations qui cherchent à mieux contrôler leurs dépenses informatiques ou à limiter leur dépendance à un fournisseur unique, les solutions open source constituent une alternative de plus en plus attractive.
Cette évolution intervient également alors que la question de la souveraineté numérique prend une place croissante dans les stratégies informatiques des entreprises et des administrations. Dans ce contexte, un acteur européen indépendant comme Vates peut répondre à une demande portant à la fois sur la maîtrise des technologies, la transparence des solutions et la réduction de certaines dépendances vis-à-vis des grands éditeurs américains.
La société a enregistré une progression de 65 % en 2025, confirmant la dynamique autour de son modèle.
30 millions d’euros pour changer de dimension
Avec cette nouvelle capacité financière, Vates entend désormais passer à une phase d’expansion plus ambitieuse.
Une partie des ressources sera consacrée à la recherche et au développement. L’objectif est notamment de faire progresser les performances de ses technologies et de renforcer plusieurs briques stratégiques, parmi lesquelles le stockage, la cybersécurité, l’automatisation et l’administration de grandes infrastructures virtualisées.
L’entreprise souhaite également élargir son portefeuille de clients, en ciblant davantage les grandes entreprises, les organismes publics et les fournisseurs de services informatiques à l’échelle internationale.
Le développement commercial passera aussi par la constitution d’un réseau plus dense de distributeurs, d’intégrateurs et de partenaires technologiques. Pour Vates, cet écosystème doit faciliter le déploiement de projets complexes, notamment lorsque les organisations cherchent à migrer leurs infrastructures vers de nouvelles solutions de virtualisation.
Une levée qui accompagne, plutôt qu’elle ne transforme, le modèle
L’opération marque donc un changement d’échelle davantage qu’un changement de cap. Vates conserve son identité d’entreprise indépendante et son attachement à l’open source, tout en se donnant les moyens financiers de répondre à une demande internationale croissante.
L’enjeu sera désormais de transformer cette avance technologique et cette dynamique commerciale en une croissance durable. Avec un marché de la virtualisation estimé à plusieurs milliards de dollars et appelé à progresser encore dans les prochaines années, l’entreprise grenobloise entend profiter de la recomposition du secteur pour consolider sa place parmi les acteurs européens.
L’entrée d’IRIS et de Bpifrance au capital constitue ainsi un nouveau levier pour Vates : accélérer son développement sans abandonner le modèle qui a contribué à son succès jusqu’ici.