Six groupes, des sensibilités différentes et un vote commun : la majorité de Guillaume Lissy a tenu vendredi lors de la troisième séance du mandat. Les élus de Grenoble Alpes Métropole ont approuvé les ajustements du budget 2026, malgré les réserves exprimées jusque dans leurs propres rangs. Le président y voit une première étape, sans triomphalisme : le débat sur le budget de l’année prochaine s’annonce, selon lui, “très compliqué”.
La nouvelle équipe devait corriger le budget voté en février par l’ancienne majorité, avant les élections, puis rattrapé par les efforts supplémentaires demandés à la collectivité après l’adoption de la loi de finances.
Environ 10 millions d’euros d’économies étaient à trouver ces dernières semaines. Le vice-président aux finances Raphaël Guerrero a rappelé l’ampleur de la contrainte : près de 17 millions d’euros à dégager en 2025, puis 15 millions en 2026. Sur deux ans, les ressources perdues et les besoins incontournables du Smmag, chargé des transports en commun, représentent selon lui 47 millions d’euros.
Pour équilibrer les comptes, la Métropole a revu à la baisse sa prévision d’emprunt, repoussé certains investissements et réduit des dépenses de fonctionnement, notamment celles liées à la masse salariale. Elle supprimera aussi l’exonération de deux ans de taxe foncière accordée aux nouvelles constructions à usage d’habitation et instaurera une taxe sur les logements vacants.
Ces choix ont été rejetés par les oppositions. LFI leur reproche un manque d’ambition ; Réconcilier Grenoble dénonce une “fuite en avant” susceptible, selon le groupe, de conduire à une hausse d’impôt. Le RN lui parle d’un “pansement sur une jambe de bois”. Tous ont voté contre.
La majorité a voté ensemble, mais sans taire ses désaccords. Plusieurs élus ont salué la concertation tout en prévenant que les prochains choix seraient plus difficiles. Après une séance déjà tendue sur le Stade des Alpes, la MC2 et SOS Méditerranée, rapporte Le Dauphiné libéré, Guillaume Lissy reconnaît lui-même un budget supplémentaire “très imparfait”. Ce premier test est passé, mais celui du prochain budget reste entier.