Hébergement d’urgence dans les écoles : une fracture entre la municipalité et l’opposition

Hébergement d’urgence dans les écoles : une fracture entre la municipalité et l’opposition

A Grenoble, l’affaire des hébergements d’urgence dans les écoles se poursuit. Les opposants de Réconcilier Grenoble chargent la maire Laurence Ruffin.

Ce mercredi 2 septembre, c’est le groupe d’opposition Réconcilier Grenoble qui monte au créneau. Il dénonce dans un communiqué "l’entre-deux ridicule de Laurence Ruffin" et "les signaux contradictoires sur l'avenir des familles hébergées dans les écoles grenobloises".

Il ajoute : "Menace de plainte brandie, puis aussitôt édulcorée en simple "acte administratif" ; grandes annonces de réquisitions en début de mandat, pour déjà les enterrer en septembre. Laurence Ruffin ne sait plus sur quel pied danser, et personne n'est dupe."

Pour Réconcilier Grenoble, cette situation ne peut plus durer car "une école n’est pas un centre d’hébergement d’urgence". Surtout au vu du contexte de rentrée : "Un établissement scolaire ne peut pas durablement faire coexister projet éducatif et accueil de familles à la rue."

Aujourd’hui, l’opposition appelle donc au "bon sens" et à des actions concrètes. Elle met, notamment, en avant "800 logements vides chez ACTIS".

La mairie en ligne de mire

Mais, plus largement, c’est la politique de la majorité municipale qui est critiquée. "Car comme toujours on navigue à vue chez Laurence Ruffin : une posture vient en chasser une autre, car elle ne veut pas se mettre à dos LFI à qui elle doit son élection et qui fait son beurre électoral sur la misère des familles hébergées", dénoncent les conseillers municipaux.

Le ton est donné : "À vouloir ménager la chèvre et le chou, Laurence Ruffin ne satisfait personne et, comme d'habitude, brasse de l'air sans rien résoudre. Ce dossier illustre une fois de plus l'incapacité de la majorité à trancher et à assumer une ligne politique claire", conclut le groupe de Clément Chappet.

Une situation tendue

Pour rappel, à Grenoble, fin mars 2025, on estimait à 4560 le nombre de personnes domiciliées dans les Centres communaux d’action sociale (CCAS), dont près de 1080 mineurs. Parmi elles, 57% déclarent vivre chez un tiers, 16% bénéficient d’un hébergement d’urgence, 25% déclarent vivre à la rue, en habitat de fortune ou en squats ou bidonvilles et les 2% restant ne sont pas renseignés.

Depuis plus de 4 ans, des collectifs de parents mettent des familles à l’abri dans les écoles. Mais cela reste insuffisant. En mars 2025, le tribunal administratif de Grenoble a condamné l’Etat à indemniser la Ville à hauteur de 75 000 euros pour son action compensatrice en faveur de l’hébergement d’urgence. Cette décision est la première rendue à la suite des recours en justice engagés en février 2024 par Grenoble, Strasbourg, Lyon, Bordeaux et Rennes. Leur but : obtenir que l’Etat remplisse ses obligations légales en matière d’hébergement d’urgence.

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