La Chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes livre un constat sévère sur la gestion du SIVOM du lac de Monteynard et Avignonet.
Dans un rapport portant sur les exercices 2019 et suivants, les magistrats reconnaissent le rôle majeur joué par le syndicat dans le développement touristique du site, mais estiment que son organisation actuelle ne permet plus de répondre efficacement aux enjeux du territoire.
Le SIVOM gère depuis plus de soixante ans l’aménagement des rives du lac de Monteynard-Avignonet et le développement des activités de loisirs.
La Chambre régionale des comptes rappelle notamment que le syndicat a porté l’installation des premières passerelles himalayennes d’Europe, à l’origine d’une fréquentation qui dépasse désormais les 400 000 visiteurs par an. Ses recettes annuelles avoisinent 600 000 euros et lui permettent généralement de dégager une capacité d’autofinancement supérieure à 100 000 euros.
Une gouvernance paralysée
Malgré ces atouts, le rapport souligne l’existence de profondes difficultés de gouvernance.
Selon les magistrats, les communes membres peinent à s’accorder sur un projet commun pour l’avenir du site. Les décisions stratégiques, qu’il s’agisse du choix des équipements ou des investissements prioritaires, sont prises difficilement en raison de clivages anciens qui persistent au sein du syndicat.
Cette situation aurait entraîné une forte inertie, retardant la mise en œuvre de nombreux projets pourtant inscrits au schéma directeur d’aménagement et de développement.
La Chambre relève notamment que les opérations prévues dans le schéma directeur 2019-2022, représentant plus de 4,2 millions d’euros, sont loin d’avoir été réalisées. Le môle de Savel constitue la seule opération majeure achevée, alors même que sa réalisation ne répondrait pas pleinement aux objectifs fixés initialement.
Le rapport souligne également le vieillissement de plusieurs équipements du syndicat, dont le bateau touristique, et reproche au SIVOM d’avoir négligé certains investissements de renouvellement malgré une trésorerie jugée abondante et supérieure à son encours de dette.
Les juges financiers pointent aussi plusieurs faiblesses structurelles. Le SIVOM présenterait des carences dans son organisation, la gestion de ses ressources humaines et techniques ainsi que dans son administration courante. Ces dysfonctionnements auraient des conséquences directes sur l’entretien du site, la qualité de l’information fournie aux visiteurs et la prise en compte des questions de sécurité.
Face à ces constats, la Chambre régionale des comptes formule dix recommandations.
Parmi elles figurent une clarification des compétences du syndicat, une meilleure transparence des décisions, une mise en conformité de la gestion des ressources humaines et budgétaires, un renforcement des contrôles liés au stationnement, ainsi que l’élaboration d’une véritable politique de maintenance et de sécurité.
Les magistrats appellent également à une réflexion plus large associant l’ensemble des collectivités concernées afin de définir un projet commun pour l’avenir du lac de Monteynard, ses usages touristiques et son développement économique.
Selon eux, la pérennité du site passe désormais par une organisation renouvelée, des objectifs stratégiques clairement définis et un cadre institutionnel plus adapté à son rayonnement.