Voici pourquoi une innovation testée à Grenoble suscite un nouvel espoir contre le cancer du pancréas

Voici pourquoi une innovation testée à Grenoble suscite un nouvel espoir contre le cancer du pancréas

Le CHU Grenoble Alpes teste une technologie inédite de radiothérapie interne ciblée pour des patients atteints d’un cancer du pancréas non opérable. Une première en Europe.

Le CHU Grenoble Alpes a lancé une étude clinique inédite en Europe pour traiter certaines formes de cancer du pancréas non opérables. Baptisée ACAPELLA, cette expérimentation repose sur une nouvelle technologie de radiothérapie interne ciblée, présentée comme un espoir pour des patients aujourd’hui en impasse thérapeutique.

Portée par les équipes d’oncologie digestive, d’endoscopie digestive et de radiothérapie du CHU, l’étude utilise le dispositif DaRT (Diffusing Alpha Radiation Therapy), développé en partenariat avec l’entreprise Alpha Tau Medical. Celui-ci consiste en de micro-bâtonnets de titane recouverts de radium 224, capables de diffuser une irradiation directement au cœur de la tumeur.

Le CHU Grenoble Alpes est devenu le premier établissement européen à implanter cette technologie chez un patient atteint d’un cancer du pancréas localement avancé. L’intervention, réalisée le 22 avril, a été menée en une seule séance par voie mini-invasive, via l’estomac, sous contrôle échoendoscopique.

Une alternative à la radiothérapie conventionnelle

Selon le professeur Gaël Roth, coordinateur de l’étude, cette approche pourrait permettre de mieux contrôler localement la maladie chez des patients dont la tumeur ne peut être retirée chirurgicalement.

"Cette nouvelle technique mini-invasive ouvre un nouvel espoir", explique le spécialiste, évoquant la possibilité d’offrir une pause thérapeutique aux patients, voire de rendre certains cancers opérables.

L’étude ACAPELLA prévoit d’inclure 40 patients en France, atteints d’un adénocarcinome pancréatique non métastatique mais non résécable, stabilisé après chimiothérapie.

Le cancer du pancréas constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs en oncologie. En France, environ 16 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2024, contre 4 000 en 1990, selon le CHU. Sa progression est estimée à +4% par an depuis trente ans.

Le pronostic reste particulièrement sombre, avec une survie à cinq ans d’environ 10%, tandis que cette maladie pourrait devenir la deuxième cause de décès par cancer dans les pays occidentaux d’ici 2040.

En parallèle, une autre étude coordonnée par le professeur Gaël Roth, baptisée LAPNET-1, vient d’être publiée dans la revue scientifique Nature. Elle évalue un nouvel anticorps, le NP137, destiné à lutter contre la résistance aux traitements dans les cancers du pancréas localement avancés. Les premiers résultats sont jugés encourageants par le CHU, qui prévoit une phase 2 à l’horizon 2027.

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