Les faits remontent aux derniers jours d'avril. Des inspecteurs du travail, inquiets de pratiques qu'ils jugent illégales au sein même de leur direction, se sont présentés devant le directeur de l'inspection du travail de l'Isère pour obtenir des explications. Selon Solidaires 38, celui-ci "a perdu son sang-froid et a poussé brutalement un des inspecteurs à l'extérieur de son bureau". La victime est placée en arrêt de travail.
Ce qui a mis le feu aux poudres : la disparition de courriers officiels destinés aux employeurs isérois. Ces documents devaient les informer de leurs droits et obligations pour le 1er mai, jour férié et chômé. Or, selon le syndicat, la direction aurait fait "escamoter" ces courriers sans en avertir le personnel — une décision qui, dénonce Solidaires, organise délibérément le flou auprès des employeurs tout en fragilisant les agents lors de leurs contrôles sur le terrain.
Le syndicat interprète cette manœuvre comme l'application zélée d'une consigne gouvernementale visant à vider de sa substance la législation sur le travail du 1er mai. La loi autorise déjà les commerces indépendants à ouvrir ce jour-là, à condition de n'y faire travailler aucun salarié. Solidaires estime que neutraliser l'information préalable aux employeurs revient à ouvrir la voie à des infractions non sanctionnées.
Face à ce qu'il qualifie d'"atteinte à l'indépendance de l'inspection du travail" et de "remise en cause de l'état de droit", le syndicat appelle à un rassemblement devant la direction départementale du travail, au 1 avenue Maurice Reynoard à Grenoble, ce lundi 27 avril à 13h30, à l'initiative de SUD et de la CGT Travail.
Solidaires 38 prévient par ailleurs les employeurs isérois : faire travailler des salariés le 1er mai les expose à des verbalisations, quelles que soient les ambiguïtés entretenues par leur hiérarchie.