Le dossier Sciences Po Grenoble continue de produire ses effets judiciaires cinq ans après les faits. Dans un communiqué commun, les unions départementales de la CGT de l’Isère et de la Drôme apportent leur soutien à l’ancienne présidente de l’UNEF Grenoble, convoquée devant le tribunal judiciaire de Grenoble le 14 avril prochain.
La militante est poursuivie pour diffamation à la suite d’une plainte visant un communiqué publié par l’UNEF Grenoble en mars 2021.
Le texte en cause avait été diffusé dans le contexte de la controverse autour des ateliers de la "semaine pour l’égalité et contre les discriminations" organisés à l’IEP de Grenoble. Le syndicat étudiant y affirmait alors qu’il relevait du devoir des syndicats étudiants de dénoncer des propos "islamophobes, racistes et réactionnaires".
La CGT réclame la relaxe
Dans leur communiqué, les deux unions départementales dénoncent une nouvelle procédure judiciaire après une première plainte ayant déjà abouti à un non-lieu en 2023. Elles estiment que la dénonciation du racisme relève de la mission des organisations syndicales.
"Non seulement dénoncer le racisme ne constitue pas un délit, mais il est du devoir des organisations syndicales de défendre les intérêts matériels et moraux de la jeunesse", écrit la CGT.
Symbole des tensions autour des questions de liberté académique, de militantisme étudiant et de lutte contre les discriminations, l’affaire Sciences Po Grenoble reste un sujet particulièrement sensible dans le débat public local et national.