L’avenir de la ligne ferroviaire reliant Grenoble aux Hautes-Alpes se joue en partie dans les prochaines années. SNCF Réseau prévoit une nouvelle phase de rénovation de cet axe, avec une enveloppe maximale de 118 millions d’euros et des opérations programmées en 2028 et 2029. L’objectif est de pérenniser la circulation des trains sur un parcours de montagne marqué par la présence de nombreux tunnels, ponts et viaducs.
Pour le Collectif de l’Étoile ferroviaire de Veynes, cette annonce représente une perspective encourageante, mais elle ne suffit pas à garantir la réalisation de l’ensemble des travaux envisagés. L’organisation souhaite connaître la part que l’État et les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur consacreront effectivement au projet.
Une concertation jugée insuffisante
La consultation consacrée aux aménagements s’est déroulée du 15 septembre au 15 octobre 2026, exclusivement sur internet. Le collectif regrette l’absence de rencontres publiques permettant aux habitants et aux usagers d’échanger directement avec les responsables du projet. Il estime également que ce format ne facilite pas l’accès à toutes les informations techniques nécessaires pour comprendre les interventions envisagées.
Les contributions recueillies doivent notamment aider à déterminer les opérations prioritaires. Mais pour l’association, cette étape ne vaut pas validation définitive des financements. Elle redoute que les sommes finalement mobilisées soient inférieures aux montants annoncés.
Le maintien des trains au cœur des préoccupations
Au-delà de la rénovation des infrastructures, le collectif demande aux autorités régionales de préserver une desserte TER fiable, avec moins de suppressions et de retards. Il souhaite que les investissements profitent durablement aux voyageurs, y compris après les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030.
La question des interruptions de circulation reste également sensible. Depuis le 5 octobre et jusqu’au 6 novembre inclus, aucun train ne circule entre Grenoble et Gap en raison d’un chantier d’entretien des voies entre Vif et Lus-la-Croix-Haute. Des autocars assurent la desserte des gares intermédiaires pendant cette période.
Le collectif plaide pour une organisation plus souple lors des opérations d’entretien de moindre ampleur, afin de conserver certaines liaisons ferroviaires et de maintenir le service pendant les week-ends lorsque les conditions le permettent.
L’Association Rail Dauphiné Savoie Léman partage, elle aussi, la nécessité d’intervenir rapidement sur cette ligne vieillissante. Elle défend une modernisation plus ambitieuse, avec l’objectif de réduire les temps de parcours entre Grenoble, Veynes et les gares intermédiaires.
Reste désormais à transformer les annonces en financements confirmés et en travaux programmés. Pour les associations d’usagers, l’enjeu dépasse l’échéance olympique : il s’agit de préserver durablement une liaison ferroviaire essentielle entre les Alpes du Nord et les Hautes-Alpes.