À Grenoble, l’avenir des correspondants de nuit en suspens

À Grenoble, l’avenir des correspondants de nuit en suspens

À Grenoble, le dispositif de médiation nocturne de la Villeneuve et du Village olympique traverse une période d’incertitude. Les douze correspondants de nuit de la régie de quartier redoutent une remise en cause de leur activité, alors que le financement du dispositif est aujourd’hui au cœur des discussions.

Selon ICI.fr, une cinquantaine de personnes se sont réunies mardi devant les locaux de la régie de quartier, dans le secteur de la Villeneuve, pour défendre le maintien de ces emplois. Présents dans les quartiers depuis plusieurs décennies, les médiateurs assurent chaque soir une mission de prévention auprès des habitants.

Une présence pour éviter que les conflits ne dégénèrent

Le travail des correspondants repose avant tout sur le contact avec les habitants. En soirée et durant la nuit, ils se déplacent en équipes de deux, vont à la rencontre des groupes présents dans les espaces communs et interviennent lorsque des tensions apparaissent.

L'objectif n'est pas de se substituer aux forces de l'ordre, mais d'agir en amont. Les échanges avec les jeunes, les habitants et les différents acteurs du quartier permettent parfois de désamorcer une situation avant qu'elle ne prenne une autre ampleur.

Cette proximité constitue également, selon les témoignages rapportés par ICI.fr, l'un des principaux atouts du dispositif. Les correspondants sont connus des habitants et ont progressivement construit une relation de confiance avec eux. Une différence importante, notamment dans certaines situations où la présence policière peut provoquer davantage de méfiance.

Pour les salariés concernés, cette mission représente aujourd'hui près de trente ans d'histoire. Certains d'entre eux travaillent dans le dispositif depuis sa création à la fin des années 1990.

Des salariés inquiets pour leur avenir

La mobilisation intervient alors que les perspectives financières de la régie de quartier restent incertaines. Une pétition soutenue par les organisations syndicales aurait déjà recueilli environ 900 signatures, toujours selon ICI.fr.

Pour les correspondants les plus anciens, la perspective d'une disparition du dispositif est particulièrement préoccupante. Après plusieurs décennies passées dans ce métier, retrouver un emploi ailleurs pourrait s'avérer compliqué.

La crainte porte donc autant sur la pérennité d'une mission de prévention que sur le devenir professionnel des salariés qui l'assurent chaque nuit.

Aucun licenciement annoncé à ce stade

La direction de la régie de quartier nuance toutefois les inquiétudes exprimées par les salariés et leurs soutiens. Sa coprésidente, Florence Hanff, indique qu'aucune suppression de poste n'est actuellement décidée.

Le problème serait avant tout financier. La structure doit faire face à un déficit et cherche à revoir son modèle de financement. Le dispositif repose en effet sur plusieurs contributeurs : collectivités locales, État, bailleurs sociaux et copropriétaires, précise ICI.fr.

Cette multiplicité de financeurs rend la situation particulièrement dépendante des arbitrages à venir.

La Ville veut maintenir son soutien

La municipalité grenobloise affirme pour sa part que les actions de prévention occupent une place importante dans sa politique en direction des quartiers.

La Ville rappelle néanmoins que la régie de quartier fonctionne sous la forme d'une association et que les décisions relatives à ses salariés relèvent de son conseil d'administration.

Elle assure toutefois vouloir poursuivre son soutien financier à la structure.

Pour l'heure, aucune suppression d'emploi n'est donc officiellement annoncée. Mais l'avenir des douze correspondants de nuit dépendra des discussions engagées autour du financement de la régie et de la capacité des différents partenaires à maintenir ce dispositif de médiation nocturne.

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