L’affaire avait été présentée comme une prise majeure dans la lutte contre les trafics de stupéfiants à Grenoble. Mais elle pourrait finalement se transformer en sérieux revers judiciaire.
Le 28 avril dernier, les policiers avaient découvert dans un appartement du quartier des Eaux-Claires à Grenoble plusieurs dizaines de kilos de cannabis, de la cocaïne, de la kétamine, de la méthamphétamine liés au point de deal du quartier Mistral, ainsi que des munitions.
Un homme de 29 ans, déjà connu de la justice, avait été interpellé puis placé en détention provisoire dans l’attente de son procès.
Mais un coup de théâtre s'est déroulé le 12 mai. Le suspect a finalement été remis en liberté sur décision du parquet de Grenoble, en raison d’un doute sur la régularité des constatations policières effectuées au moment de l’intervention.
Selon plusieurs éléments concordants, les premiers fonctionnaires de la BST sur place seraient entrés dans le logement avant l’arrivée d’un officier de police judiciaire, pourtant habilité à conduire une perquisition.
De plus, le logement aurait été fouillé sans la présence du suspect, alors que la procédure impose un cadre strict.
Face à la gravité potentielle des faits, le directeur interdépartemental de la police nationale de l’Isère a annoncé avoir signalé les faits au parquet, mis les trois policiers concernés en retrait puis demandé leur suspension.
Deux enquêtes ont été ouvertes : une enquête administrative et une enquête pénale.