Une affaire inédite pour les enquêteurs grenoblois. On l'apprend cette semaine, six hommes ont été interpellés lundi 27 avril à Grenoble dans le cadre d’une enquête portant sur un projet artisanal de fabrication d’armes à feu à l’aide d’une imprimante 3D.
Les suspects, âgés de 33 à 69 ans, étaient suivis depuis plusieurs mois par les policiers de la Division de la criminalité organisée et spécialisée. Selon le parquet, ils partageaient une même inquiétude face à l’évolution de la société et se préparaient à un éventuel scénario de crise majeure ou de conflit civil.
Au cours des perquisitions, les enquêteurs ont notamment découvert une imprimante 3D, des plans d’armes de poing ainsi que plusieurs prototypes partiellement assemblés. Le projet n’aurait toutefois jamais réellement abouti techniquement, les pièces essentielles comme les canons nécessitant une fabrication métallique impossible avec leur matériel.
Le procureur Etienne Manteaux évoque des profils "atypiques", davantage motivés par une logique de préparation survivaliste que par un objectif de trafic. Les mis en cause auraient voulu conserver ces armes pour leur usage personnel.
Deux des suspects, déjà connus de la justice, avaient notamment été condamnés dans le passé pour des faits de braquage.
À l’issue de leur garde à vue, trois hommes ont été renvoyés devant la justice pour association de malfaiteurs. Les trois autres seront jugés pour détention illégale d’armes des catégories B et C. Tous ont été placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur procès prévu le 24 juin.