Un éboulement spectaculaire… qui n’aurait rien de naturel. Le 25 juillet 2024, un pan entier de montagne s’effondrait au-dessus du village de La Rivière, ensevelissant la route départementale reliant Saint-Gervais. Aucun blessé, un "miracle" selon le procureur de Grenoble. Mais depuis, une question domine : pourquoi la montagne a-t-elle cédé ?
Ce mardi s'ouvre au tribunal correctionnel de Grenoble le procès du président et du directeur général de la SAS Carrière de La Rivière.
Selon les expertises, l’effondrement serait directement lié à l’activité de la société exploitant la carrière située en contrebas. De plus, les signaux d’alerte étaient anciens. Dès 2019, un premier incident majeur survenait lors d’un tir de mine : près de 50 000 m³ de roches s’effondraient. Un épisode jamais signalé aux autorités, qui renouvelaient l’autorisation d’exploitation sans en avoir connaissance. Pour le procureur, les exploitants étaient donc pleinement conscients de la fragilité du site.
Pour la justice, la chaîne de responsabilités est désormais établie. L’entreprise et ses dirigeants encourent jusqu’à trois ans de prison et 150 000 euros d’amende. Le département et plusieurs associations environnementales ont également porté plainte.
Sur le terrain, les conséquences restent lourdes. La route départementale doit être entièrement reconstruite. Un chantier colossal, symbole d’un dossier qui est loin d’être refermé.