Cette décision intervient quelques jours après la signature, le 17 janvier, d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et quatre pays d’Amérique latine, un traité que l’exécutif régional juge défavorable à l’agriculture française.
Selon le communiqué, cette mesure s’appliquera aux achats directs de la collectivité mais aussi à ceux réalisés pour le compte d’environ 1 000 structures régionales via la centrale d’achat de la Région, pour un volume estimé à 50 millions d’euros par an. Les secteurs concernés incluent notamment la restauration scolaire des lycées et la restauration en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
L’exécutif régional affirme vouloir ainsi protéger la production agricole locale face à un accord qualifié d’"injuste et déséquilibré". La Région se présente comme la première en France à prendre une telle décision dans le contexte des discussions autour du Mercosur.
Dans les lycées, cette orientation s’inscrit dans la continuité de la démarche "La Région dans mon assiette, anti-gaspillage", qui vise à atteindre 80% de produits régionaux dans les restaurants scolaires. La collectivité rappelle par ailleurs son engagement de long terme en faveur de l’agriculture, avec l’adoption du premier budget agricole régional dès 2016 et la mise en place de la dotation jeunes agriculteurs la plus élevée de France .
Dans le communiqué, Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, précise : "Il n’y aura pas de viande et de produit du Mercosur dans nos cantines et dans nos restaurations en Auvergne Rhône-Alpes. Et quel que soit le destin du traité du Mercosur, nous refusons de prendre des produits qui viennent de ce territoire et qui ne respectent aucune règle".
La Région entend ainsi assumer un positionnement politique fort face à l’accord conclu entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, en faisant de ses politiques d’achat public un levier de défense du modèle agricole local.