Une affaire aussi singulière par son origine présumée que par son dénouement judiciaire. Vendredi 30 octobre, la cour criminelle départementale de l'Isère examinait une agression au couteau remontant au 10 janvier 2018, à Échirolles.
Ce jour-là, un homme avait été grièvement blessé au visage, allée du Limousin. La victime accusait un voisin de lui avoir porté un coup de couteau à la suite d'une dispute concernant des corbeaux que ce dernier aurait eu l'habitude de nourrir.
Une blessure au visage et des séquelles permanentes
La victime avait subi une plaie de huit centimètres, allant de l'œil jusqu'à la commissure des lèvres. Hospitalisée et opérée en urgence au CHU Grenoble Alpes, elle avait reçu une incapacité totale de travail de 45 jours.
L'agression lui avait laissé d'importantes séquelles, notamment une paralysie faciale et des écoulements de salive.
À l'audience, les avocates de l'accusé ont dénoncé les insuffisances des investigations. Selon elles, le dossier reposait essentiellement sur les déclarations de la victime, qui avait déposé plainte cinq jours après les faits.
La défense a notamment souligné l'absence d'enquête de voisinage et de constatations policières sur les lieux de l'agression.
De son côté, le ministère public a rappelé que la victime avait constamment désigné le même homme comme son agresseur, y compris lors d'une reconnaissance photographique.
L'avocate générale avait requis six ans d'emprisonnement, dont quatre avec sursis probatoire.
Acquitté pour les violences, condamné pour un couteau
Selon le Dauphiné Libéré, la cour criminelle n'a finalement pas retenu la culpabilité du trentenaire pour les violences ayant entraîné une infirmité permanente.
L'homme, qui contestait toute responsabilité dans l'agression, a donc été acquitté de cette accusation.
Il a toutefois été reconnu coupable d'un délit distinct de port d'arme. Lors de son interpellation à Aoste, le 18 février 2019, les policiers avaient découvert un couteau dans sa poche.
Pour cette infraction, il a été condamné à 60 jours-amende de 10 euros, soit un montant total de 600 euros.
Huit ans après les faits, cette décision clôt le procès criminel sans qu'une responsabilité ait été établie dans l'agression ayant laissé à la victime de lourdes séquelles.