Le changement d’adresse n’a pas empêché la réunion. Mercredi 21 octobre au soir, une centaine de personnes ont rejoint les locaux du PCF Isère pour le rendez-vous de Young Struggle. L’objectif affiché : préparer la manifestation de samedi et prolonger la mobilisation du 17 octobre. Les organisateurs ont assuré d’emblée ne préparer aucune action violente ou illégale.
Cette rencontre intitulée “S’organiser pour la révolution” avait suscité une demande d’annulation du RN, comme nous le rapportions précédemment. La municipalité a finalement retiré la salle réservée à la maison des associations.
L’adjointe à la vie associative, Céline Deslattes, invoque plusieurs motifs : l’association organisatrice n’était pas celle ayant réservé, l’objet annoncé avait changé et le visuel évoquait, selon la Ville, une incitation à la violence contre la police. Des éléments qui rendaient la réservation invalide, explique-t-elle.
Une décision saluée comme une victoire par Valentin Gabriac, responsable départemental du RN, mais vivement dénoncée par le collectif. “La mairie a joué le jeu du RN”, estime une responsable auprès du Dauphiné libéré. Absent de la réunion, Allan Brunon (LFI) a également reproché à la municipalité de céder aux exigences de l’extrême droite.
Le PCF, lui, défend son accueil sans condamner la décision municipale.
Durant la soirée, les échanges ont surtout porté sur les violences policières dénoncées par le collectif, les inégalités et l’avenir écologique des jeunes. Selon le quotidien, les organisateurs n’ont en revanche pas évoqué les 24 commerces pillés ni les dégradations du centre-ville. Une participante s’est toutefois inquiétée des conséquences politiques de l’incendie avenue Alsace-Lorraine, susceptible, à ses yeux, de servir l’extrême droite. À l’approche de samedi, la question de l’image du mouvement s’est donc aussi invitée dans les débats.
Implanté à Grenoble depuis septembre 2025, ce mouvement de gauche radicale, anti-impérialiste et internationaliste lié à la communauté kurde, s’était notamment illustré en juin contre le G7 à Évian. Il revendique aujourd’hui une forte présence auprès des lycéens mobilisés.