Grenoble a connu une journée particulièrement tendue ce samedi 17 octobre.
Selon un bilan communiqué par la préfecture de l’Isère, les premières violences ont éclaté dès 11h30, en marge de la première des quatre manifestations déclarées. Un groupe d’environ 300 individus cagoulés, décrits par les services de l’État comme équipés et pour la plupart armés, se serait extrait du cortège pour s’en prendre aux forces de l’ordre et dégrader du mobilier urbain.
Au total, les différentes mobilisations ont rassemblé jusqu’à 13 000 personnes au plus fort de la journée.
Hôtel de ville, rectorat et église Saint-Louis pris pour cible
La préfecture fait état de nombreux incidents dans le centre-ville.
Les forces de l’ordre auraient notamment essuyé des tirs de mortiers et des jets de pierres, tandis que des abribus, des voies de tramway, des véhicules et des caméras de vidéoprotection ont été dégradés ou détruits.
Vers 13h, plusieurs centaines de personnes ont pris pour cible l’hôtel de ville de Grenoble, puis le rectorat.
Plusieurs vitres et accès ont été brisés ou saccagés.
L’église Saint-Louis a également été visée. Des individus se seraient introduits à l’intérieur et y auraient commis des dégradations, dont le montant n’était pas encore évalué au moment du communiqué.
Plus de 30 commerces et banques pillés
Le bilan matériel est également important.
Selon la préfecture, plus d’une trentaine de commerces et d’agences bancaires ont fait l’objet de pillages, parfois presque simultanément dans différents secteurs du centre-ville.
Les services de l’État estiment à environ 800 le nombre de personnes ayant participé à ces exactions opportunistes.
51 interpellations
À l’heure du point de situation, 51 personnes avaient été interpellées par les forces de l’ordre.
Plus de 550 policiers et gendarmes avaient été mobilisés à Grenoble, avec notamment des renforts de CRS et de gendarmerie mobile.
Les sapeurs-pompiers ont effectué 55 interventions pour des incendies d’origine criminelle, dont un feu important sur un bâtiment situé près de l’arrêt de tramway Alsace-Lorraine.
Deux policiers et un sapeur-pompier ont été blessés. Deux véhicules de police ont également été endommagés, dont un rendu inutilisable.
De nouveaux incidents à Échirolles dans la soirée
Les tensions ne se sont pas limitées au centre de Grenoble.
Dans la soirée, de nouveaux actes de violence ont été signalés à Échirolles, avenue des États-Généraux, selon la préfecture, qui annonçait le maintien d’un important dispositif de sécurité.
La préfète de l’Isère, Catherine Séguin, a condamné des violences qu’elle qualifie "d’insupportables et intolérables », tout en rappelant que « le droit de manifester est une liberté fondamentale".
La maire de Grenoble, Laurence Ruffin, a aussi réagi ce samedi soir : "Je condamne fermement ces dégradations et ces violences qui sont inacceptables et mettent en danger ceux qui œuvrent chaque jour au service de tous. Il est essentiel que chacun puisse exercer ses droits en toute sécurité, sans être en danger, mettre en danger les autres, ni porter atteinte aux biens communs. À Grenoble, nous devons défendre ensemble la liberté de manifester et refuser toute forme de violence".